lundi 10 avril 2017

Voyager dans la fiction comme dans un espace - cas pratique

Par l'entremise de mon avatar je suis à la disposition de tous les internautes des espaces opensims pour venir lire, là où ils sont, un court texte (moins de 05 minutes), lequel tente d'apporter une réponse à la question suivante : 
 
L'avatar numérique pourrait-il être le chainon manquant entre l'hominidé et le fictionaute, ce voyageur inter-fictionnel qui, en nous, vient au monde avec ce millénaire ? 
 
La lecture sera faite en français. Mes hôtes et hôtesses restent libres de traduire puis de diffuser mon texte, les séances de lectures in world peuvent être librement enregistrées et filmées, tout est possible tant que l'intégrité de sens de mes propos est respectée et que j'en reste clairement désigné comme leur auteur.
Après ma lecture (moins de 05 minutes) je peux normalement rester connecté pour échanger, voire essayer de répondre à d'éventuelles questions. 
 
Dans cette perspective donc, je reste à l'écoute du cyberespace.
Contactez-moi directement ou ici en laissant un commentaire...

N.B. illustration : rencontre dans le cyberespace d'un opensim entre mon avatar et l'avatar jumeau Mara Sa de Soizic Sanson et Claire Sistach dans le cadre de leur performance immersive DualCorps de septembre 2016.

dimanche 9 avril 2017

Réponses à une étudiante sur le futur du livre

J'ai régulièrement le plaisir de répondre à des interviews d'étudiantes ou d'étudiants de diverses filières, mais qui tous ont en commun de s'interroger sur les évolutions des dispositifs et des pratiques de lecture. 
En général je suis à leur écoute et à celle de leurs enseignants et de leurs établissements pour notre intérêt réciproque, car, de fait, nous traversons tous bel et bien une période historique que nous pourrions qualifier, comme je le fais parfois, comme étant celle des "e-incunables"...
 
- Quel impact l’apparition des appareils de lecture numérique a-t-il eu sur le marché du livre ? Quel bilan peut-on faire aujourd’hui ?
 
Concrètement presque aucun je pense. Les ordinateurs n'étaient pas et ne sont pas conçus pour une lecture attentive dans la durée. Quand les "liseuses" à encre électronique sont arrivées à partir de 2007 elles ont suscité un grand espoir, dont je me suis alors fait l'écho dans mon premier livre "Gutenberg 2.0 le futur du livre", mais leur marché a vite été menacé et leurs développements ralentis par l'arrivée des tablettes de type iPad, puis par les smartphones. Ces appareils sont plus couteux, mais ils sont polyvalents et plus attractifs qu'une simple liseuse qui n'a qu'une unique fonction : lire des textes. Du coup, et si l'on prend aussi en considération le travail de lobbying des acteurs traditionnels de l'interprofession du livre, le marché du livre numérique n'a jamais vraiment décollé et il stagne aujourd'hui en France comme, depuis l'an passé, aux Etats-Unis.
Le véritable impact des appareils numériques de lecture a été d'amorcer parmi les professionnels du livre et certains lecteurs, un questionnement sur l'évolution des pratiques de lecture, et de générer l'émergence d'une nouvelle génération d'éditeurs pure-players (numériques) (liste actualisée des francophones ici http://prospectivedulivre.blogspot.fr/2011/04/plus-de-30-editeurs-pure-players.html ).
 
- Qu’est-ce qu’un livre tout à fait dématérialisé qui intègre une dimension à la fois visuelle et sonore ? Peut-on encore parler véritablement de livre ?

La question se pose en effet ! A chacun(e) d'y répondre selon ses goûts ou ses intérêts. Rien n'oblige à ce que "cela" soit toujours, soit encore un livre. Ce n'est peut-être pas grave si ce n'est plus un livre. Je pense que l'important c'est, non pas tant le livre, que la lecture. Les questions qui se posent alors sont plutôt : en quoi cela fait-il récit ? En quoi est-ce narratif et immersif ? Mais aussi : est-ce que cela apporte réellement quelque chose en plus au sentiment du lecteur de "rentrer dans l'histoire", de s'identifier à un personnage ?
La BD est un bon exemple. Avec des animations, sonorisations, etc., elle devient vite un dessin animé ou un film d'animation ! 

- Considérez-vous les nouvelles technologies comme une menace pour le livre ?

Non. Pour les lecteurs attachés à une lecture au long cours sur papier imprimé les nouvelles technologies ne changent rien. Pour les autres, elles apportent des ouvertures, la possibilité de nouvelles expériences narratives, d'autres façons de se confronter à des univers fictifs et de s'immerger dans une histoire. Cela dit,  nous devons être vigilants et prendre conscience des inévitables changements générationnels et de ce qu'ils produiront : quid des tout jeunes qui font aujourd'hui leur apprentissage de la lecture et de l'écriture avec des supports numériques ? Il est probable qu'adolescents puis jeunes adultes ils ne se tourneront plus spontanément, ou moins souvent en tous cas, vers le papier.
 
- Pensez-vous que la fracture numérique entre les générations puisse empêcher des personnes de partager autour de livres ?

Peut-être, si l'on se bloque sur le dispositif. Mais nous devrions pouvoir échanger sur un même roman, autour de l'intérêt et des émotions que nous avons ressentis à sa lecture, même si certains l'ont lu en édition livre de poche et d'autres sur leur smartphone. Cela peut au contraire rapprocher. Le texte lu reste le même, et en l'occurrence s'il y a fracture elle serait plus au niveau des préjugés, ce serait davantage une fracture générationnelle que numérique. C'est une question d'ouverture d'esprit au niveau des personnes à mon avis, et cela n'a rien à voir avec les technologies utilisées.
 
- Comment voyez-vous l’avenir du livre ?

Je crois en l'avenir de la lecture, dans le sens où lire c'est capter, décoder, puis documenter, et que c'est là une fonction première et essentielle de tout organisme vivant, à la fois bien en amont et bien au-delà des livres.
Le livre, quant à lui, en tant que dispositif de lecture, des cahiers de pages imprimées pliées et reliées entre elles sous une couverture, est sinon probablement appelé à disparaitre un jour, comme jadis les tablettes d'argile ont été remplacées par des rouleaux de papyrus, puis les rouleaux par des codex de parchemin, etc. Mais d'après les historiens du livre, les rouleaux et les codex auraient coexisté pendant au moins un siècle. Ce type de remplacement est très long, il s'effectue au rythme des renouvellements de générations. Nous devons aussi par rapport au passé prendre aujourd'hui en compte les possibilités d'impression à la demande, et également les avancées technologiques à venir du support papier lui-même (papier connecté, encre électro-conductrice...) qui pourraient lui redonner une nouvelle jeunesse...
   

lundi 3 avril 2017

Une Liste de Booktubeuses et Booktubeurs Francophones

Voici une modeste liste de quelques Booktubeuses et Booktubeurs francophones, presque une soixantaine, passionnés de livres et souvent aujourd'hui meilleurs prescripteurs que les médias traditionnels. 
  
Le classement est par ordre alphabétique, afin de rompre volontairement avec la pratique qui consiste à renforcer ceux qui ont déjà une forte audience en les mettant systématiquement en avant. Rien ne dit, et les médias grand public nous le prouvent quotidiennement depuis des décennies, qu'aux plus grandes audiences correspond forcément la meilleure qualité. C'est plutôt l'inverse que nous observons.
 
En général est portée la mention "généraliste" dès lors que l'onglet "A propos..." sur leur page Youtube ne fait pas mention d'une spécialité. Dans les faits cependant, la grande majorité des acteurs de la prescription littéraire sur Youtube est constituée de jeunes femmes, des booktubeuses donc, et le plus souvent principalement lectrices de littératures de l'imaginaire et "young adults".
Lorsqu'un autre genre littéraire apparait clairement je le mentionne.
Je précise aussi si l'animateur ou l'animatrice est de la francophonie (quelques-un-es de Suisse et du Québec), et j'indique lorsqu'un blog dédié est apparenté à la chaine vidéo.

Comme pour la liste des éditeurs numériques francophones il s'agit là d'une initiative indépendante et bénévole et en aucun cas d'une recommandation de quiconque.
Cependant cette liste, contrairement à la précédente, n'a pas vocation a être régulièrement actualisée. Je vous renvoie vers le site web et les applications Booktubers, qui a déjà référencé plus de 500 booktubeurs francophones, qui vous propose leurs vidéos et de multiples services...

 LA LISTE DES BOOKTUBEURS-EUSES FRANCOPHONES

vendredi 31 mars 2017

Livre Audio - Mon introduction à la table ronde

J'ai eu le plaisir de coorganiser et d'introduire la table ronde sur le livre audio du 30 mars 2017 à l'Ecole Estienne {voir les détails ici}.

Voici le texte de mon introduction intitulée : "Dans le livre audio se conjuguent les mystères du livre et de la parole"...

" A en croire l'actualité de ces derniers mois le livre audio serait un marché en pleine expansion.
Il bénéficiait d'une bonne visibilité, avec stands et animations au récent Salon du livre de Paris (Cécile Palusinski et Valérie Lévy-Soussan qui y étaient pourront nous en parler) et les initiatives intéressantes se multiplient (elles nous en parleront aussi).
Le développement du livre audio jusqu'alors sur cassettes audio, puis sur CD, pourrait-il profiter de l'invasion des smartphones et, dans quelques temps, des casques de réalité virtuelle ?

En introduction à cette table ronde, qui sera animée par Olivia Phélip de Viabooks, je voudrais vous inviter à un petit voyage dans le temps.
Quand nos ancêtres les plus lointains émergent à la surface de la Terre il n'y a d'abord que la vaste symphonie du monde, la bande son des éléments naturels et des autres animaux. Puis nous passons des grognements au langage articulé, et nous commençons à raconter des histoires. Il serait amusant de déterminer le rôle du mensonge dans ce que les spécialistes de l'origine du langage appellent l'invention du signal découplé.
L'oralité est première. L'écrit vient ensuite, et pendant longtemps très peu savent écrire et très peu savent lire. Celui qui sait, fait la lecture, et les autres écoutent. C'est pourquoi dans la Grèce antique il y avait plusieurs verbes pour signifier « lire », et le plus important signifiait quelque chose comme « essaimer », « distribuer ».
Au niveau individuel nous revivons tous cette histoire de notre espèce. Tout jeune enfant nos premiers contacts avec les livres le sont par les histoires qui nous sont lues par des adultes. Puis progressivement nous passons plus ou moins à la lecture silencieuse.
Pour l'helléniste Jesper Svenbro la lecture silencieuse aurait pu être rendue mentalement possible dans la Grèce antique par l'expérience du théâtre, le choc de constater que des semblables (les acteurs) pouvaient dire du texte mémorisé sans le lire, sans l'énoncer comme lu devant le public.
Françoise Prêtre aura certainement des choses intéressantes à nous dire sur l'importance de la lecture à haute voix dans les livres numériques et les applications destinés aux jeunes enfants.
Dans sa bien intéressante Une histoire de la lecture (Actes Sud éd.), Alberto Manguel rappelle comment « écouter lire » perdure au fil des siècles, et comment pendant un certain temps des lecteurs officiaient à Cuba en accompagnement des heures de travail dans les ateliers des fabriques de tabac. Je rappellerais aussi l'anecdote bien connue, dont nous trouvons trace dans l'une de ses lettres, de l'étonnement de Saint Augustin lorsqu'il découvre que son nouveau précepteur, Ambroise, lisait en remuant à peine les lèvres et sans proférer le moindre son (nous sommes vers 380).

Pour conclure, cinq points que je tiens rapidement à lister avant de passer la parole à Olivia Phélip :
D'un point de vue strictement perceptif et neuronal écouter et lire sont deux activités différentes.
La voix humaine fait incontestablement passer des émotions qui seraient à même d'engendrer une plus grande résonance affective chez le lecteur, mais en quoi cela influence-t-il le sentiment d’immersion et le processus d'imagerie mentale d'une lecture silencieuse ?
La question de l'attention se pose également : quand nous lisons, nous maintenons une activité semi-consciente permanente, c'est-à-dire que si nous cessons de lire, la lecture s'arrête, alors qu'un livre audio nous pouvons très bien cesser d'écouter et l'histoire continue de se dérouler...
Dans ma pratique personnelle de lecture de fictions, lorsqu'une phrase retient mon attention, bloquant en quelque sorte le cours naturel de ma lecture, je la relis une ou deux fois à voix basse, et alors le sentiment de visualiser, voire de vivre la scène s'en trouve généralement augmenté.
Enfin, écouter lire, est une chose, lire à voix basse pour soi, une autre, et lire à haute voix, autre chose encore.

En conclusion, la problématique lecture à haute voix / lecture silencieuse est très ancienne, et il est justement intéressant je trouve de souligner qu'elle est toujours d'actualité. Comme quoi quelque chose d'essentiel doit certainement se jouer là.
Une Commission Livre Audio, présidée par Paule du Bouchet (Gallimard - Ecoutez Lire) a été créée en 2015 au SNE, nous en avons la Vice-présidente, en la personne de Valérie Lévy-Soussan, et une étude sur les Français et les contenus audio est sortie à l'occasion du récent Salon Livre Paris. Notre sujet de ce soir est donc bien stratégique et d'actualité, et au-delà du livre audio se pose aussi déjà la question de la bande son des livres numériques et du transmédia, et Laurent Morgana aura probablement des choses intéressantes à nous dire là dessus.
Voilà. J'ai beaucoup parlé, je vais maintenant être tout ouïe... "

jeudi 30 mars 2017

La vie est naturellement transmedia

J'ai eu le plaisir de participer le 28 mars 2017 à une table ronde coorganisée par Usbek & Rica et KissKissBankBank sur le thème :  
LE FUTUR DU LIVRE SERA-T-IL TRANSMEDIA ? 
en compagnie de Elise Nebout (co-fondatrice et directrice de l'école d'écriture Les Mots) et de Benjamin Lelong du studio transmédia SmallBang. Nos échanges étaient animés par Lila Meghraoua du magazine d'exploration du futur Usbek & Rica

En résumé, ce fut pour moi l'occasion de proposer ma définition du transmédia : "le passage d'un même flux narratif par différents médias" ; et de m'étonner de la tendance à toujours vouloir relier les extensions du numérique et des écrans à l'écosystème du livre et de la lecture, car, ne s'agit-il pas aussi d'autre chose ?
J'ai parlé du passage de "l'interaction" à "l'immersion", de la projection d'un soi lecteur ou lectrice dans un "fictionaute", des métalepses narratives, et eu l'idée que notre souci permanent d'élaborer des dispositifs et des interfaces de lecture engendrant des simulacres du réel toujours plus réalistes pourrait relever d'une espèce de... biomimétisme. A suivre...  
La vidéo de la rencontre qui était diffusée en live sur Facebook est... ici sur la page de KissKissBankBank.

mercredi 22 mars 2017

Salon du Livre Paris 2017

Bonjour, je serai en balade au Salon du Livre de Paris ce vendredi 24 mars 2017 et éventuellement le lundi 27. N'hésitez pas à me faire signe sur place ou à me contacter dès maintenant si vous souhaitez que nous nous y rencontrions :-) 

mardi 21 mars 2017

LIVRE et TRANSMEDIA

Quid du livre face au transmédia
Si le livre n'est pas transmédia, la lecture, elle, l'est, elle l'est comme la vie, elle l'est spontanément, naturellement et essentiellement pour notre plus grand plaisir. 

C'est ce message, entre autres, que j'essayerai de faire passer le mardi 28 mars à la table ronde organisée à la Maison du Crowdfunding - KissKissBankBank, de 19H00 à 20H30 : LE FUTUR DU LIVRE SERA-T-IL TRANSMEDIA ? animée par Lila Meghraoua du magazine Usbek & Rica.

Le transmédia est plus que jamais d'actualité ! 
J'ai récemment eu le plaisir de répondre à ce sujet à une interview de Mathieu Jankowiak sur Creative Insights Mag { à lire en cliquant ici... }. 

Extrait de cet entretien :
Quelle définition pouvez-vous donner du transmédia ? 
" Le transmédia n’est pas un média. C’est le passage d’un même flux narratif par différents médias.
Ce n’est là bien sûr que ma définition personnelle par rapport à mes propres recherches en prospective. Mais il me semble important de ne pas tout confondre et mélanger. Un média est simplement un moyen de diffusion. Le multimédia, qui remonte au moins au mouvement surréaliste, consiste à utiliser différents médias au sein d’une même réalisation. Le cross-média utilise lui différents médias pour diffuser un même contenu qui se décline différemment dans chacun en fonction de ses caractéristiques. Le transmédia va au-delà, par essence il est narratif et sur le modèle des « mondes persistants » apparus avec les jeux en ligne massivement multijoueur. C’est-à-dire que même en notre absence le contenu continue d’exister et d’évoluer, de changer en temps réel… Qu’il soit fictionnel ou documentaire, chaque média traversé présente un contenu à la fois singulier et complémentaire aux autres, tout en restant évolutif au gré des interactions avec ses « lecteurs »... "
J'avais également eu le plaisir d'organiser et d'introduire une table ronde sur ce thème : Le transmédia va-t-il réinventer le livre ? à l'Ecole Estienne, en partenariat avec l'ATEP (Association des techniciens de l'édition et de la publicité) et Viabooks, le 09 janvier courant.