jeudi 25 mai 2017

Bibliographie Narrative et Autonomisation des Lecteurs

Dans mon texte intitulé L'Ange absent de Don Quichotte qui vient juste de paraitre dans la revue en ligne du CUBE - Création et société numérique, je pars d'un exemple concret, ce propre texte sur le thème de l'émancipation du lecteur en soi, pour montrer comment la constitution d'une bibliographie narrative pourrait permettre une autonomisation de ce soi-lecteur. Qu'en pensez-vous ?
Lien direct vers L'Ange absent de Don Quichotte...

Un texte à découvrir sur le site cuberevue.com

lundi 22 mai 2017

Le concept de Connexion Narrative est-il opérationnel ?

Un projet innovant en art numérique, présenté par Adret Web Art sur la plateforme de financement participatif KissKissBankBank, bénéficiant de l'appui de Digitalarti, acteur majeur de la création numérique, et de celui de Patrick Moya, un des artistes numériques francophones les plus emblématiques sur Second Life, va permettre de tester mon concept de Connexion Narrative.

De quoi s'agit-il ?
Une connexion narrative est une connexion internet qui embarque l'internaute dans une narration, c'est-à-dire dans une mise en récit qu'il vit par l'entremise de son avatar qui l'immerge véritablement dans l'action.
 
L'internaute participant vit alors la chose sur deux plans :
- D’abord au niveau de l'expérience extérieure proposée avec la trame narrative de Garibaldimania, et qui tour à tour le place en situation au centre de la production artistique...
- Ensuite, au niveau de son expérience intérieure, où il sera progressivement amené à prendre conscience de son évolution de simple auditeur ou spectateur à un statut d’acteur agissant.
L’objectif est de favoriser un sentiment d'effacement des écrans...
Dans l'expérimentation prévue, pour aider à cette métamorphose de l’internaute, Garibaldimania le plongera au coeur d’une polémique internationale concernant le personnage historique de Garibaldi, figure emblématique du Risorgimento italien.
L'expérience vise à faire émerger d'un texte, originellement écrit pour le spectacle vivant, une nouvelle matière narrative issue d'une forme de participation des lecteurs-spectateurs.
Mon hypothèse est qu'une telle connexion narrative ne peut se potentialiser que dans un univers à la fois fictionnel et non jouable, ce qui le différencie des univers des jeux vidéos.

Ce projet ayant besoin d'une programmation informatique spécifique (scripts) il fait actuellement l'objet de la part d'Adret Web Art d'une campagne de financement participatif sur Kiss Kiss Bank Bank, que je vous encourage à soutenir.
Pour la modeste somme de 05 euros (qui vous seront remboursés si la collecte n'atteignait pas son objectif) vous pouvez contribuer à la réalisation de cette expérience qui devrait ensuite avoir lieu sur la plate-forme web 3D immersive avec avatars EVER (Environnement Virtuel pour l'Enseignement et la Recherche) de l'Université de Strasbourg, qui a déjà accueilli dans le passé plusieurs de mes prototypes d'espaces virtuels pour la médiation du livre et de la lecture francophones. Si vous le souhaitez, vous pourrez ensuite participer à l'expérience théâtrale sur le Web 3D ...

* POUR VOIR ET SOUTENIR LE PROJET GARIBALDIMANIA D'ADRET WEB ART CLIQUEZ SUR CE LIEN DIRECT... *



N.B. : En ce qui me concerne spécifiquement j'accompagne Adret Web Art pour porter ses réalisations sur le web 3D immersive avec avatars et plus particulièrement, avec ce projet GARIBALDIMANIA, pour tester la potentialité du concept de "connexion narrative". Je reste par ailleurs entièrement disponible pour conseiller ou accompagner tous projets et toutes initiatives liés à la recherche de nouvelles formes de narrations et à l'autonomisation des lecteurs, ou pour intervenir comme conseiller littéraire dans le cadre de l'édition numérique francophone...

vendredi 19 mai 2017

Que transmettons-nous quand nous lisons à haute voix ?

Pourquoi spontanément disons-nous : "lire à haute voix", et, "lire à voix basse" ?
Ce positionnement des termes dit-il lui aussi quelque chose ?
Qu'est-ce qui se joue, au niveau de la lecture, entre la voix et l'écrit depuis, à la fois, notre maitrise du langage articulé, puis, quelques millénaires plus tard, celle de l'écriture ?
En quoi et comment notre corps physique, les vibrations qu'il émet et celles qu'il reçoit, entre-t-il en jeu ?
Pourrions-nous comparer la tension porteuse entre texte et voix, avec celle entre texte et image ?
Tant de questions qui couraient en filigrane à l'occasion de la conférence d'ouverture du Festival du Livre Audio à Strasbourg, que j'ai eu le plaisir de donner le 16 mai dernier au Centre de Culture Numérique de l'Université de Strasbourg et à l'invitation de La Plume de Paon.

Passer de la parole à l'écriture c'est faire un saut de l'invisible au visible. 
Notre espèce l'a fait. Elle est dans ce saut. 
La plupart du temps nous n'en avons pas conscience. 
Quelle portée a alors le fait d'écouter lire, ou de lire à voix basse, ou à haute voix ? Et le fait d'enregistrer des textes écrits ?
Par hasard, mais le hasard existe-t-il, je lisais la veille de mon intervention ceci : "Mais le Nommo, lorsqu’il parle, émet comme tout être une buée tiède porteuse de verbe, verbe elle-même. Et cette buée sonore, comme toute eau, se meut sur une ligne hélicoïdale..." (extrait de l'ouvrage de 1948, Dieu d'Eau, de l'ethnologue Marcel Griaule, en pays Dogon). Je trouve à la fois très belle et très intéressante cette idée de "buée sonore". 
  

De l'Antiquité au Cyberespace 

  
De l'Antiquité, évidemment nous avons rappelé l'étonnement de Saint Augustin lorsqu'il découvrit pour la première fois son Maître lisant sans proférer aucun son : « Quand il lisait, ses yeux couraient les pages dont son esprit perçait le sens ; sa voix et sa langue se reposaient. Souvent en franchissant le seuil de sa porte, dont l’accès n’était jamais défendu, où l’on entrait sans être annoncé, je le trouvais lisant tout bas et jamais autrement. » (Les Confessions de saint Augustin, extrait Livre VI, chapitre III), et j'ai trouvé intéressant de mettre en parallèle une peinture de Benozzo Gozzoli : "Saint Augustin entend le "Tolle, lege.« Prends et lis ! ».
Le "saisis", "attrape", le livre, le texte. Prends et lis !
Puis, pour le cyberespace, j'ai présenté le concept LIRE EN CHOEUR d'Adret Web Art que j'accompagne dans ses projets, notamment sur la plate-forme web 3D immersive avec avatars, EVER (acronyme de : Environnement Virtuel pour l'Enseignement et la Recherche) de l'Université de Strasbourg justement. 
La photo ci-dessus illustre cette présentation et vous pouvez accéder à la page web que je commentais en suivant ce lien : http://www.theatre-adret.fr/emission-lire-en-choeur.php, vous y aurez toutes les explications pour découvrir cette formule innovante d'émission de (web) radio invitant les auditeurs, non seulement à l'écoute, mais aussi à la lecture à haute voix.


N.B. : Les photos sont de Cécile Zanetta, merci à elle.

mardi 2 mai 2017

En avatar sur un campus universitaire

Lorenzo Soccavo en avatar sur le campus de l'université de Strasbourg

Devant une des entrées du Centre de Culture Numérique de l'université de Strasbourg, mon avatar en éclaireur sur la plate-forme web 3D immersive avec avatars, EVER (Environnement Virtuel pour l'Enseignement et la Recherche). 
J'y serai "in real life" le 16 mai 2017 pour y donner la conférence inaugurale du Festival du Livre Audio (informations dans le post précédent : Le Livre Audio fait la Une de Strasbourg).

lundi 24 avril 2017

Le Livre Audio fait la Une de Strasbourg

Le mardi 16 mai 2017 j'aurai le plaisir de donner la conférence inaugurale du Festival du Livre Audio au sein du Centre de Culture Numérique (CCN) de Strasbourg.
Organisée par La Plume de Paon, cette manifestation de cinq jours, dont vous pouvez télécharger le programme complet en suivant ce lien, ouvre le débat et les échanges sur le développement du livre audio face à l'imprimé et au numérique.

Ma conférence titrée : 

L'Audio et le Livre, une aventure de l'Antiquité au Cyberespace,

retracera l'importance de la lecture à haute voix dans l'histoire de la transmission des mythes puis des livres, en s'attachant à en faire ressortir les lignes de force qui s'expriment aujourd'hui, et sans doute même plus fortement encore que dans le passé. 
Le projet Lire en Chœur d'expérimentation d'enregistrement d'une émission de web radio sur la lecture à voix haute, dans un studio d’enregistrement virtuel sur la plate-forme EVER de l'université de Strasbourg servira d'illustration finale.

lundi 10 avril 2017

Voyager dans la fiction comme dans un espace - cas pratique

Par l'entremise de mon avatar je suis à la disposition de tous les internautes des espaces opensims pour venir lire, là où ils sont, un court texte (moins de 05 minutes), lequel tente d'apporter une réponse à la question suivante : 
 
L'avatar numérique pourrait-il être le chainon manquant entre l'hominidé et le fictionaute, ce voyageur inter-fictionnel qui, en nous, vient au monde avec ce millénaire ? 
 
La lecture sera faite en français. Mes hôtes et hôtesses restent libres de traduire puis de diffuser mon texte, les séances de lectures in world peuvent être librement enregistrées et filmées, tout est possible tant que l'intégrité de sens de mes propos est respectée et que j'en reste clairement désigné comme leur auteur.
Après ma lecture (moins de 05 minutes) je peux normalement rester connecté pour échanger, voire essayer de répondre à d'éventuelles questions. 
 
Dans cette perspective donc, je reste à l'écoute du cyberespace.
Contactez-moi directement ou ici en laissant un commentaire...

N.B. illustration : rencontre dans le cyberespace d'un opensim entre mon avatar et l'avatar jumeau Mara Sa de Soizic Sanson et Claire Sistach dans le cadre de leur performance immersive DualCorps de septembre 2016.

dimanche 9 avril 2017

Réponses à une étudiante sur le futur du livre

J'ai régulièrement le plaisir de répondre à des interviews d'étudiantes ou d'étudiants de diverses filières, mais qui tous ont en commun de s'interroger sur les évolutions des dispositifs et des pratiques de lecture. 
En général je suis à leur écoute et à celle de leurs enseignants et de leurs établissements pour notre intérêt réciproque, car, de fait, nous traversons tous bel et bien une période historique que nous pourrions qualifier, comme je le fais parfois, comme étant celle des "e-incunables"...
 
- Quel impact l’apparition des appareils de lecture numérique a-t-il eu sur le marché du livre ? Quel bilan peut-on faire aujourd’hui ?
 
Concrètement presque aucun je pense. Les ordinateurs n'étaient pas et ne sont pas conçus pour une lecture attentive dans la durée. Quand les "liseuses" à encre électronique sont arrivées à partir de 2007 elles ont suscité un grand espoir, dont je me suis alors fait l'écho dans mon premier livre "Gutenberg 2.0 le futur du livre", mais leur marché a vite été menacé et leurs développements ralentis par l'arrivée des tablettes de type iPad, puis par les smartphones. Ces appareils sont plus couteux, mais ils sont polyvalents et plus attractifs qu'une simple liseuse qui n'a qu'une unique fonction : lire des textes. Du coup, et si l'on prend aussi en considération le travail de lobbying des acteurs traditionnels de l'interprofession du livre, le marché du livre numérique n'a jamais vraiment décollé et il stagne aujourd'hui en France comme, depuis l'an passé, aux Etats-Unis.
Le véritable impact des appareils numériques de lecture a été d'amorcer parmi les professionnels du livre et certains lecteurs, un questionnement sur l'évolution des pratiques de lecture, et de générer l'émergence d'une nouvelle génération d'éditeurs pure-players (numériques) (liste actualisée des francophones ici http://prospectivedulivre.blogspot.fr/2011/04/plus-de-30-editeurs-pure-players.html ).
 
- Qu’est-ce qu’un livre tout à fait dématérialisé qui intègre une dimension à la fois visuelle et sonore ? Peut-on encore parler véritablement de livre ?

La question se pose en effet ! A chacun(e) d'y répondre selon ses goûts ou ses intérêts. Rien n'oblige à ce que "cela" soit toujours, soit encore un livre. Ce n'est peut-être pas grave si ce n'est plus un livre. Je pense que l'important c'est, non pas tant le livre, que la lecture. Les questions qui se posent alors sont plutôt : en quoi cela fait-il récit ? En quoi est-ce narratif et immersif ? Mais aussi : est-ce que cela apporte réellement quelque chose en plus au sentiment du lecteur de "rentrer dans l'histoire", de s'identifier à un personnage ?
La BD est un bon exemple. Avec des animations, sonorisations, etc., elle devient vite un dessin animé ou un film d'animation ! 

- Considérez-vous les nouvelles technologies comme une menace pour le livre ?

Non. Pour les lecteurs attachés à une lecture au long cours sur papier imprimé les nouvelles technologies ne changent rien. Pour les autres, elles apportent des ouvertures, la possibilité de nouvelles expériences narratives, d'autres façons de se confronter à des univers fictifs et de s'immerger dans une histoire. Cela dit,  nous devons être vigilants et prendre conscience des inévitables changements générationnels et de ce qu'ils produiront : quid des tout jeunes qui font aujourd'hui leur apprentissage de la lecture et de l'écriture avec des supports numériques ? Il est probable qu'adolescents puis jeunes adultes ils ne se tourneront plus spontanément, ou moins souvent en tous cas, vers le papier.
 
- Pensez-vous que la fracture numérique entre les générations puisse empêcher des personnes de partager autour de livres ?

Peut-être, si l'on se bloque sur le dispositif. Mais nous devrions pouvoir échanger sur un même roman, autour de l'intérêt et des émotions que nous avons ressentis à sa lecture, même si certains l'ont lu en édition livre de poche et d'autres sur leur smartphone. Cela peut au contraire rapprocher. Le texte lu reste le même, et en l'occurrence s'il y a fracture elle serait plus au niveau des préjugés, ce serait davantage une fracture générationnelle que numérique. C'est une question d'ouverture d'esprit au niveau des personnes à mon avis, et cela n'a rien à voir avec les technologies utilisées.
 
- Comment voyez-vous l’avenir du livre ?

Je crois en l'avenir de la lecture, dans le sens où lire c'est capter, décoder, puis documenter, et que c'est là une fonction première et essentielle de tout organisme vivant, à la fois bien en amont et bien au-delà des livres.
Le livre, quant à lui, en tant que dispositif de lecture, des cahiers de pages imprimées pliées et reliées entre elles sous une couverture, est sinon probablement appelé à disparaitre un jour, comme jadis les tablettes d'argile ont été remplacées par des rouleaux de papyrus, puis les rouleaux par des codex de parchemin, etc. Mais d'après les historiens du livre, les rouleaux et les codex auraient coexisté pendant au moins un siècle. Ce type de remplacement est très long, il s'effectue au rythme des renouvellements de générations. Nous devons aussi par rapport au passé prendre aujourd'hui en compte les possibilités d'impression à la demande, et également les avancées technologiques à venir du support papier lui-même (papier connecté, encre électro-conductrice...) qui pourraient lui redonner une nouvelle jeunesse...
   

lundi 3 avril 2017

Une Liste de Booktubeuses et Booktubeurs Francophones

Voici une modeste liste de quelques Booktubeuses et Booktubeurs francophones, presque une soixantaine, passionnés de livres et souvent aujourd'hui meilleurs prescripteurs que les médias traditionnels. 
  
Le classement est par ordre alphabétique, afin de rompre volontairement avec la pratique qui consiste à renforcer ceux qui ont déjà une forte audience en les mettant systématiquement en avant. Rien ne dit, et les médias grand public nous le prouvent quotidiennement depuis des décennies, qu'aux plus grandes audiences correspond forcément la meilleure qualité. C'est plutôt l'inverse que nous observons.
 
En général est portée la mention "généraliste" dès lors que l'onglet "A propos..." sur leur page Youtube ne fait pas mention d'une spécialité. Dans les faits cependant, la grande majorité des acteurs de la prescription littéraire sur Youtube est constituée de jeunes femmes, des booktubeuses donc, et le plus souvent principalement lectrices de littératures de l'imaginaire et "young adults".
Lorsqu'un autre genre littéraire apparait clairement je le mentionne.
Je précise aussi si l'animateur ou l'animatrice est de la francophonie (quelques-un-es de Suisse et du Québec), et j'indique lorsqu'un blog dédié est apparenté à la chaine vidéo.

Comme pour la liste des éditeurs numériques francophones il s'agit là d'une initiative indépendante et bénévole et en aucun cas d'une recommandation de quiconque.
Cependant cette liste, contrairement à la précédente, n'a pas vocation a être régulièrement actualisée. Je vous renvoie vers le site web et les applications Booktubers, qui a déjà référencé plus de 500 booktubeurs francophones, qui vous propose leurs vidéos et de multiples services...

 LA LISTE DES BOOKTUBEURS-EUSES FRANCOPHONES

vendredi 31 mars 2017

Livre Audio - Mon introduction à la table ronde

J'ai eu le plaisir de coorganiser et d'introduire la table ronde sur le livre audio du 30 mars 2017 à l'Ecole Estienne {voir les détails ici}.

Voici le texte de mon introduction intitulée : "Dans le livre audio se conjuguent les mystères du livre et de la parole"...

" A en croire l'actualité de ces derniers mois le livre audio serait un marché en pleine expansion.
Il bénéficiait d'une bonne visibilité, avec stands et animations au récent Salon du livre de Paris (Cécile Palusinski et Valérie Lévy-Soussan qui y étaient pourront nous en parler) et les initiatives intéressantes se multiplient (elles nous en parleront aussi).
Le développement du livre audio jusqu'alors sur cassettes audio, puis sur CD, pourrait-il profiter de l'invasion des smartphones et, dans quelques temps, des casques de réalité virtuelle ?

En introduction à cette table ronde, qui sera animée par Olivia Phélip de Viabooks, je voudrais vous inviter à un petit voyage dans le temps.
Quand nos ancêtres les plus lointains émergent à la surface de la Terre il n'y a d'abord que la vaste symphonie du monde, la bande son des éléments naturels et des autres animaux. Puis nous passons des grognements au langage articulé, et nous commençons à raconter des histoires. Il serait amusant de déterminer le rôle du mensonge dans ce que les spécialistes de l'origine du langage appellent l'invention du signal découplé.
L'oralité est première. L'écrit vient ensuite, et pendant longtemps très peu savent écrire et très peu savent lire. Celui qui sait, fait la lecture, et les autres écoutent. C'est pourquoi dans la Grèce antique il y avait plusieurs verbes pour signifier « lire », et le plus important signifiait quelque chose comme « essaimer », « distribuer ».
Au niveau individuel nous revivons tous cette histoire de notre espèce. Tout jeune enfant nos premiers contacts avec les livres le sont par les histoires qui nous sont lues par des adultes. Puis progressivement nous passons plus ou moins à la lecture silencieuse.
Pour l'helléniste Jesper Svenbro la lecture silencieuse aurait pu être rendue mentalement possible dans la Grèce antique par l'expérience du théâtre, le choc de constater que des semblables (les acteurs) pouvaient dire du texte mémorisé sans le lire, sans l'énoncer comme lu devant le public.
Françoise Prêtre aura certainement des choses intéressantes à nous dire sur l'importance de la lecture à haute voix dans les livres numériques et les applications destinés aux jeunes enfants.
Dans sa bien intéressante Une histoire de la lecture (Actes Sud éd.), Alberto Manguel rappelle comment « écouter lire » perdure au fil des siècles, et comment pendant un certain temps des lecteurs officiaient à Cuba en accompagnement des heures de travail dans les ateliers des fabriques de tabac. Je rappellerais aussi l'anecdote bien connue, dont nous trouvons trace dans l'une de ses lettres, de l'étonnement de Saint Augustin lorsqu'il découvre que son nouveau précepteur, Ambroise, lisait en remuant à peine les lèvres et sans proférer le moindre son (nous sommes vers 380).

Pour conclure, cinq points que je tiens rapidement à lister avant de passer la parole à Olivia Phélip :
D'un point de vue strictement perceptif et neuronal écouter et lire sont deux activités différentes.
La voix humaine fait incontestablement passer des émotions qui seraient à même d'engendrer une plus grande résonance affective chez le lecteur, mais en quoi cela influence-t-il le sentiment d’immersion et le processus d'imagerie mentale d'une lecture silencieuse ?
La question de l'attention se pose également : quand nous lisons, nous maintenons une activité semi-consciente permanente, c'est-à-dire que si nous cessons de lire, la lecture s'arrête, alors qu'un livre audio nous pouvons très bien cesser d'écouter et l'histoire continue de se dérouler...
Dans ma pratique personnelle de lecture de fictions, lorsqu'une phrase retient mon attention, bloquant en quelque sorte le cours naturel de ma lecture, je la relis une ou deux fois à voix basse, et alors le sentiment de visualiser, voire de vivre la scène s'en trouve généralement augmenté.
Enfin, écouter lire, est une chose, lire à voix basse pour soi, une autre, et lire à haute voix, autre chose encore.

En conclusion, la problématique lecture à haute voix / lecture silencieuse est très ancienne, et il est justement intéressant je trouve de souligner qu'elle est toujours d'actualité. Comme quoi quelque chose d'essentiel doit certainement se jouer là.
Une Commission Livre Audio, présidée par Paule du Bouchet (Gallimard - Ecoutez Lire) a été créée en 2015 au SNE, nous en avons la Vice-présidente, en la personne de Valérie Lévy-Soussan, et une étude sur les Français et les contenus audio est sortie à l'occasion du récent Salon Livre Paris. Notre sujet de ce soir est donc bien stratégique et d'actualité, et au-delà du livre audio se pose aussi déjà la question de la bande son des livres numériques et du transmédia, et Laurent Morgana aura probablement des choses intéressantes à nous dire là dessus.
Voilà. J'ai beaucoup parlé, je vais maintenant être tout ouïe... "

jeudi 30 mars 2017

La vie est naturellement transmedia

J'ai eu le plaisir de participer le 28 mars 2017 à une table ronde coorganisée par Usbek & Rica et KissKissBankBank sur le thème :  
LE FUTUR DU LIVRE SERA-T-IL TRANSMEDIA ? 
en compagnie de Elise Nebout (co-fondatrice et directrice de l'école d'écriture Les Mots) et de Benjamin Lelong du studio transmédia SmallBang. Nos échanges étaient animés par Lila Meghraoua du magazine d'exploration du futur Usbek & Rica

En résumé, ce fut pour moi l'occasion de proposer ma définition du transmédia : "le passage d'un même flux narratif par différents médias" ; et de m'étonner de la tendance à toujours vouloir relier les extensions du numérique et des écrans à l'écosystème du livre et de la lecture, car, ne s'agit-il pas aussi d'autre chose ?
J'ai parlé du passage de "l'interaction" à "l'immersion", de la projection d'un soi lecteur ou lectrice dans un "fictionaute", des métalepses narratives, et eu l'idée que notre souci permanent d'élaborer des dispositifs et des interfaces de lecture engendrant des simulacres du réel toujours plus réalistes pourrait relever d'une espèce de... biomimétisme. A suivre...  
La vidéo de la rencontre qui était diffusée en live sur Facebook est... ici sur la page de KissKissBankBank.

mercredi 22 mars 2017

Salon du Livre Paris 2017

Bonjour, je serai en balade au Salon du Livre de Paris ce vendredi 24 mars 2017 et éventuellement le lundi 27. N'hésitez pas à me faire signe sur place ou à me contacter dès maintenant si vous souhaitez que nous nous y rencontrions :-) 

mardi 21 mars 2017

LIVRE et TRANSMEDIA

Quid du livre face au transmédia
Si le livre n'est pas transmédia, la lecture, elle, l'est, elle l'est comme la vie, elle l'est spontanément, naturellement et essentiellement pour notre plus grand plaisir. 

C'est ce message, entre autres, que j'essayerai de faire passer le mardi 28 mars à la table ronde organisée à la Maison du Crowdfunding - KissKissBankBank, de 19H00 à 20H30 : LE FUTUR DU LIVRE SERA-T-IL TRANSMEDIA ? animée par Lila Meghraoua du magazine Usbek & Rica.

Le transmédia est plus que jamais d'actualité ! 
J'ai récemment eu le plaisir de répondre à ce sujet à une interview de Mathieu Jankowiak sur Creative Insights Mag { à lire en cliquant ici... }. 

Extrait de cet entretien :
Quelle définition pouvez-vous donner du transmédia ? 
" Le transmédia n’est pas un média. C’est le passage d’un même flux narratif par différents médias.
Ce n’est là bien sûr que ma définition personnelle par rapport à mes propres recherches en prospective. Mais il me semble important de ne pas tout confondre et mélanger. Un média est simplement un moyen de diffusion. Le multimédia, qui remonte au moins au mouvement surréaliste, consiste à utiliser différents médias au sein d’une même réalisation. Le cross-média utilise lui différents médias pour diffuser un même contenu qui se décline différemment dans chacun en fonction de ses caractéristiques. Le transmédia va au-delà, par essence il est narratif et sur le modèle des « mondes persistants » apparus avec les jeux en ligne massivement multijoueur. C’est-à-dire que même en notre absence le contenu continue d’exister et d’évoluer, de changer en temps réel… Qu’il soit fictionnel ou documentaire, chaque média traversé présente un contenu à la fois singulier et complémentaire aux autres, tout en restant évolutif au gré des interactions avec ses « lecteurs »... "
J'avais également eu le plaisir d'organiser et d'introduire une table ronde sur ce thème : Le transmédia va-t-il réinventer le livre ? à l'Ecole Estienne, en partenariat avec l'ATEP (Association des techniciens de l'édition et de la publicité) et Viabooks, le 09 janvier courant. 

lundi 20 mars 2017

Retour sur le Festival VIDEOFORMES 2017

J'ai eu le plaisir pour la deuxième année consécutive de participer à la table ronde du festival international d'arts numériques VIDEOFORMES.

En compagnie d'Elise Aspord (Docteur en histoire de l’art et membre associée du laboratoire Communication et Solidarité, Université Clermont Auvergne), qui présentait et animait cette rencontre, et de l'artiste iranienne Golnaz Behrouznia, j'ai pu exposer quelques-unes de mes idées sur le sujet de la narration non-verbale et essayer d'apporter quelques éléments de réponse à la question : pourquoi des images seules font-elles narration ?

 Mon intervention en résumé :

J'ai développé ma réflexion dans la perspective de cette citation de Marcel Proust : "Nous sentons dans un monde, nous pensons, nous nommons dans un autre, nous pouvons entre les deux établir une concordance mais non combler l'intervalle." (Du côté de Guermantes).
J'ai commencé par montrer quelques illustrations de paréidolies, un type d'illusions d'optique engendrées par notre cerveau et qui nous font reconnaître dans des formes naturelles (nuages, roches…) des visages humains ou des silhouettes animales..., pour évoquer ensuite les travaux du psychologue cognitiviste Stanislas Dehaene sur la lecture et la reconnaissance des formes.
Avec en illustration le tableau de William Blake, Christian lisant son livre, j'ai abordé la question : Qu'est-ce que lire ?
Je me suis ensuite inspiré d'une peinture d'un peintre italien du 16e siècle, Allégorie de l'aube, par Battista Dossi, pour évoquer la nouvelle théorie du rêve proposée par le neurobiologiste français Jean-Pol Tassin, pour lequel ce serait le réveil qui engendrerait le rêve... 
 
Enfin, c'est sur la célèbre photographie de Daguerre du boulevard du Temple en 1838 (photo ci-contre) que j'ai conclu mon intervention, en la proposant comme une hyper-métaphore d'un psaume de la Septante qui dit : 
 
"C'est dans l'image que chemine l'homme.
(Traduction de Jean-Louis Chrétien).

Bien évidemment ce n'est là qu'un résumé... 
Et qui que vous soyez à lire ce blog, je reste disponible pour venir échanger avec vous en d'autres endroits, en d'autres occasions.

N.B. illustrations photographiques : en haut photo de Gabriel Soucheyre, en bas photo de Loïez Deniel. Merci à eux deux.

mercredi 8 mars 2017

Le Livre Audio - Les intervenants

Le jeudi 30 mars 2017 à 18H00 aura lieu au sein de l'Amphi Charlie de l'Ecole Estienne (école supérieure des arts et industries graphiques de la Ville de Paris) une rencontre-débat autour de la question : 
 
LE LIVRE AUDIO - Chainon manquant entre imprimé et numérique ?
 
J'aurai une nouvelle fois le plaisir d'introduire ces échanges qui seront ensuite animés par Olivia Phélip de Viabooks.

Pour participer inscrivez-vous gratuitement par mail auprès de : pan.sarmant@ecole-estienne.fr.

Les participants seront :

 - Valérie LEVY-SOUSSAN
Présidente-directrice générale d'Audiolib (http://www.audiolib.fr/), maison d'édition de livres audio lancée en 2008 et filiale du Groupe Hachette Livre, elle est également Vice-présidente de la commission livre audio du SNE (syndicat national de l'édition - http://www.sne.fr/commissions/livre-audio/) créée en 2015 et présidée par Paule du Bouchet (Gallimard - Écoutez Lire).

- Cécile PALUSINSKI
Présidente de l'association reconnue d’intérêt général La Plume de Paon de promotion du livre audio et du livre audio numérique à Strasbourg (http://www.laplumedepaon.com/), elle est l'organisatrice du Grand Prix du Livre Audio, du Prix du Public, de la Plume de Paon des Lycéens et du Festival du livre audio. Elle est également auteur de livres audio et présidente de Numered Conseil (http://www.numered.com), agence de conseil et de formation à destination des professionnels de la culture confrontés à la mutation numérique.

- Françoise PRÊTRE
Fondatrice et directrice des éditions numériques jeunesse et d'audiobooks La souris Qui Raconte (http://www.lasourisquiraconte.com/) créées en juin 2010 et dédiées aux 5-10 ans. Ancienne directrice de production et directrice artistique elle s'adresse au grand public, mais aussi aux collectivités (bibliothèques et écoles), son équipe compte 22 auteurs, 31 illustrateurs et 6 comédiens-conteurs.

- Laurent MORGANA
Co-fondateur et président d'AtmosFeel (https://www.atmosfeel.fr/), éditions multimédia faisant appel à des comédiens professionnels créées en juin 2014, et Les Voix AtmosFeel (http://lesvoix.atmosfeel.fr/) studio de casting voix et d'enregistrements audio. AtmosFeel a pour ambition de mêler les arts littéraires, musicaux et (photo)graphiques au travers d'œuvres multimédias collaboratives.

Informations pratiques

Jeudi 30 mars 2017 de 18H00 à 20H00 - Amphi Charlie - Ecole Estienne - 18 boulevard Auguste-Blanqui 75013 Paris (Entrée par la rue Abel Hovelacque).
Participation gratuite sur réservation obligatoire par mail auprès de l'Ecole Estienne à pan.sarmant@ecole-estienne.fr

samedi 4 mars 2017

Edition Numérique - Etat des Lieux

Pour la première actualisation 2017 de la liste des éditeurs numériques francophones (à consulter librement en suivant ce lien) s'est imposé le besoin de faire un point critique sur l'édition numérique francophone

Force est de constater, en effet, que depuis la création de cette liste en avril 2011, et même depuis la parution en 2007 de mon livre Gutenberg 2.0 le futur du livre, l'édition numérique stagne
On me le fait souvent remarquer avec un sourire moqueur, certains confondant avec un plaisir niais "prospective" avec "numérique", voire avec "informatique" ;-( 

Quelques constats...

- Depuis le lancement de cette liste, 24 éditeurs ont "mis la clef sous la porte", comme l'on dit familièrement. Mais, régulièrement, de nouveaux se lancent. Ils étaient une trentaine au départ, ils sont aujourd'hui presque 180, et cette liste n'est sans doute pas exhaustive.
- De plus en plus parmi eux proposent l'impression à la demande, souvent en partenariat avec... Hachette ;-)
- Le lectorat traditionnel suit peu. Ou alors il emprunte des voies détournées (?), soit, en téléchargeant gratuitement des titres du domaine public - plusieurs sites permettant en toute légalité d'accéder à de très nombreux classiques de la littérature, soit, en devenant parfois pirate.
- Par ailleurs, il est encore trop tôt pour que de nouvelles générations de lecteurs, natives du numérique, et ayant fait leur apprentissage de la lecture en partie au moins sur des supports numériques, soient en mesure d'influer sur le marché du livre.
- L'édition numérique jeunesse reste toujours le secteur le plus créatif et elle joue certainement un rôle important qui ne se révélera qu'à moyen terme, lorsque ses jeunes lecteurs seront devenus grands ;-)

Pourquoi cette stagnation


vendredi 17 février 2017

Le Livre Audio - table ronde

Le jeudi 30 mars 2017 j'aurai une nouvelle fois le plaisir d'introduire une table que j'ai organisée en partenariat avec l'Ecole Estienne (école supérieure des arts et industries graphiques), l'ATEP (Association des Techniciens de l'Edition et de la Publicité) et Viabooks.
 
Son thème :
LE LIVRE AUDIO - Chainon manquant entre imprimé et numérique ?

" Le développement tant attendu d'une demande pour le livre audio semble correspondre avec le constat de la stagnation du marché du livre numérique, est-ce un hasard ou un signe ? Comment le livre audio se positionne-t-il par rapport à l'imprimé et au numérique et quels lectorats cible-t-il ? De quelle manière la nouvelle expérience de « lecture » par l’audio génère-t-elle de nouveaux usages par rapport au texte, non plus « lu-vu », mais « lu-entendu » ? Quelle importance l'audio a-t-il auprès des enfants qui seront les lecteurs de demain et comment cela influencera-t-il leurs futures pratiques ? En résumé, nous débattrons pour essayer de savoir si le livre audio pourrait se révéler être un trait d'union entre l'édition papier et les nouvelles pratiques de lecture que nous pouvons observer. "

En introduction, je rappellerai brièvement l'importance de l'oralité et des pratiques de lecture à voix haute au cours de l'histoire du livre et préciserai les enjeux du développement du livre audio dans les perspectives actuelles de mutations des dispositifs et des pratiques de lecture. Puis interviendront : 

 
- Valérie Lévy-Soussan
, P-DG d'Audiolib et Vice-présidente de la Commission livre audio du SNE (syndicat national de l'édition).
- Cécile Palusinski, Présidente de l'association La Plume de Paon, organisatrice du Grand Prix du Livre Audio, du Prix du Public, de la Plume de Paon des Lycéens et du Festival du livre audio.
- Françoise Prêtre, fondatrice et directrice des éditions numériques jeunesse La Souris Qui Raconte.
- Laurent Morgana, co-fondateur et président d'AtmosFeel (éditions multimédia) et Les Voix AtmosFeel (studio).
- Le débat sera animé par Olivia Phélip (Viabooks).

Informations pratiques
Jeudi 30 mars 2017 de 18H00 à 20H00 - Amphi Charlie - Ecole Estienne - 18 boulevard Auguste-Blanqui 75013 Paris (Entrée par la rue Abel Hovelacque).
Participation gratuite sur réservation obligatoire par mail auprès de l'Ecole Estienne à pan.sarmant@ecole-estienne.fr

samedi 4 février 2017

Du marché du livre comme un échiquier

Du marché du livre considéré comme un échiquier, en trois points :
 
1 - L'interprofession du livre est depuis des années impactée par l'informatique, puis par le numérique, c'est-à-dire non seulement au niveau de la conception et de la fabrication au sens large, mais aussi de la diffusion et de la médiation.
Les auteurs s'émancipent de plus en plus de la traditionnelle chaine du livre. Les prescripteurs changent (médias sociaux, booktubeurs...). Les lecteurs explorent d'autres voies, d'autres contenus, voire piratent. De nouveaux entrants ouvrent de nouveaux champs narratifs venus des jeux vidéos, des arts numériques, de la recherche universitaire...
Pour maintenir son activité il est devenu vital de pouvoir accompagner l'émergence des nouvelles pratiques de lecture et de consommation de l'information pratique et lexicale (dictionnaires...), et de pouvoir anticiper sur les impacts des effets générationnels.

2 - La prospective est une discipline éminemment pratique.
Par des méthodes de veille et de simulations (scénarios envisageant les différentes évolutions possibles) elle aide à la prise de décisions.
La prospective peut également influer sur l'avenir en orientant des décisions stratégiques à plus ou moins long terme vers l'accomplissement d'un futur jugé comme plus souhaitable que d'autres, et/ou en détectant suffisamment tôt des signaux faibles porteurs de potentielles ruptures.

3 - Bien comprise, la prospective des dispositifs et des pratiques de lecture, au-delà de ses dimensions théoriques, recouvre en réalité des aspects très concrets et opérationnels à court et moyen termes, notamment par l'apport d'une veille stratégique et technologique concurrentielle, d'intermédiations avec les acteurs d'autres horizons, et d'aides à l'innovation et à la prise de décisions.

Si vous n'avez pas de stratégie, c'est que vous faites partie de la stratégie de quelqu'un d'autre.” Alvin Toffler
Qu'on se le dise à toutes fins utiles, n'est-ce pas ?