lundi 10 avril 2017

Voyager dans la fiction comme dans un espace - cas pratique

Par l'entremise de mon avatar je suis à la disposition de tous les internautes des espaces opensims pour venir lire, là où ils sont, un court texte (moins de 05 minutes), lequel tente d'apporter une réponse à la question suivante : 
 
L'avatar numérique pourrait-il être le chainon manquant entre l'hominidé et le fictionaute, ce voyageur inter-fictionnel qui, en nous, vient au monde avec ce millénaire ? 
 
La lecture sera faite en français. Mes hôtes et hôtesses restent libres de traduire puis de diffuser mon texte, les séances de lectures in world peuvent être librement enregistrées et filmées, tout est possible tant que l'intégrité de sens de mes propos est respectée et que j'en reste clairement désigné comme leur auteur.
Après ma lecture (moins de 05 minutes) je peux normalement rester connecté pour échanger, voire essayer de répondre à d'éventuelles questions. 
 
Dans cette perspective donc, je reste à l'écoute du cyberespace.
Contactez-moi directement ou ici en laissant un commentaire...

N.B. illustration : rencontre dans le cyberespace d'un opensim entre mon avatar et l'avatar jumeau Mara Sa de Soizic Sanson et Claire Sistach dans le cadre de leur performance immersive DualCorps de septembre 2016.

dimanche 9 avril 2017

Réponses à une étudiante sur le futur du livre

J'ai régulièrement le plaisir de répondre à des interviews d'étudiantes ou d'étudiants de diverses filières, mais qui tous ont en commun de s'interroger sur les évolutions des dispositifs et des pratiques de lecture. 
En général je suis à leur écoute et à celle de leurs enseignants et de leurs établissements pour notre intérêt réciproque, car, de fait, nous traversons tous bel et bien une période historique que nous pourrions qualifier, comme je le fais parfois, comme étant celle des "e-incunables"...
 
- Quel impact l’apparition des appareils de lecture numérique a-t-il eu sur le marché du livre ? Quel bilan peut-on faire aujourd’hui ?
 
Concrètement presque aucun je pense. Les ordinateurs n'étaient pas et ne sont pas conçus pour une lecture attentive dans la durée. Quand les "liseuses" à encre électronique sont arrivées à partir de 2007 elles ont suscité un grand espoir, dont je me suis alors fait l'écho dans mon premier livre "Gutenberg 2.0 le futur du livre", mais leur marché a vite été menacé et leurs développements ralentis par l'arrivée des tablettes de type iPad, puis par les smartphones. Ces appareils sont plus couteux, mais ils sont polyvalents et plus attractifs qu'une simple liseuse qui n'a qu'une unique fonction : lire des textes. Du coup, et si l'on prend aussi en considération le travail de lobbying des acteurs traditionnels de l'interprofession du livre, le marché du livre numérique n'a jamais vraiment décollé et il stagne aujourd'hui en France comme, depuis l'an passé, aux Etats-Unis.
Le véritable impact des appareils numériques de lecture a été d'amorcer parmi les professionnels du livre et certains lecteurs, un questionnement sur l'évolution des pratiques de lecture, et de générer l'émergence d'une nouvelle génération d'éditeurs pure-players (numériques) (liste actualisée des francophones ici http://prospectivedulivre.blogspot.fr/2011/04/plus-de-30-editeurs-pure-players.html ).
 
- Qu’est-ce qu’un livre tout à fait dématérialisé qui intègre une dimension à la fois visuelle et sonore ? Peut-on encore parler véritablement de livre ?

La question se pose en effet ! A chacun(e) d'y répondre selon ses goûts ou ses intérêts. Rien n'oblige à ce que "cela" soit toujours, soit encore un livre. Ce n'est peut-être pas grave si ce n'est plus un livre. Je pense que l'important c'est, non pas tant le livre, que la lecture. Les questions qui se posent alors sont plutôt : en quoi cela fait-il récit ? En quoi est-ce narratif et immersif ? Mais aussi : est-ce que cela apporte réellement quelque chose en plus au sentiment du lecteur de "rentrer dans l'histoire", de s'identifier à un personnage ?
La BD est un bon exemple. Avec des animations, sonorisations, etc., elle devient vite un dessin animé ou un film d'animation ! 

- Considérez-vous les nouvelles technologies comme une menace pour le livre ?

Non. Pour les lecteurs attachés à une lecture au long cours sur papier imprimé les nouvelles technologies ne changent rien. Pour les autres, elles apportent des ouvertures, la possibilité de nouvelles expériences narratives, d'autres façons de se confronter à des univers fictifs et de s'immerger dans une histoire. Cela dit,  nous devons être vigilants et prendre conscience des inévitables changements générationnels et de ce qu'ils produiront : quid des tout jeunes qui font aujourd'hui leur apprentissage de la lecture et de l'écriture avec des supports numériques ? Il est probable qu'adolescents puis jeunes adultes ils ne se tourneront plus spontanément, ou moins souvent en tous cas, vers le papier.
 
- Pensez-vous que la fracture numérique entre les générations puisse empêcher des personnes de partager autour de livres ?

Peut-être, si l'on se bloque sur le dispositif. Mais nous devrions pouvoir échanger sur un même roman, autour de l'intérêt et des émotions que nous avons ressentis à sa lecture, même si certains l'ont lu en édition livre de poche et d'autres sur leur smartphone. Cela peut au contraire rapprocher. Le texte lu reste le même, et en l'occurrence s'il y a fracture elle serait plus au niveau des préjugés, ce serait davantage une fracture générationnelle que numérique. C'est une question d'ouverture d'esprit au niveau des personnes à mon avis, et cela n'a rien à voir avec les technologies utilisées.
 
- Comment voyez-vous l’avenir du livre ?

Je crois en l'avenir de la lecture, dans le sens où lire c'est capter, décoder, puis documenter, et que c'est là une fonction première et essentielle de tout organisme vivant, à la fois bien en amont et bien au-delà des livres.
Le livre, quant à lui, en tant que dispositif de lecture, des cahiers de pages imprimées pliées et reliées entre elles sous une couverture, est sinon probablement appelé à disparaitre un jour, comme jadis les tablettes d'argile ont été remplacées par des rouleaux de papyrus, puis les rouleaux par des codex de parchemin, etc. Mais d'après les historiens du livre, les rouleaux et les codex auraient coexisté pendant au moins un siècle. Ce type de remplacement est très long, il s'effectue au rythme des renouvellements de générations. Nous devons aussi par rapport au passé prendre aujourd'hui en compte les possibilités d'impression à la demande, et également les avancées technologiques à venir du support papier lui-même (papier connecté, encre électro-conductrice...) qui pourraient lui redonner une nouvelle jeunesse...
   

lundi 3 avril 2017

Une Liste de Booktubeuses et Booktubeurs Francophones

Voici une modeste liste de quelques Booktubeuses et Booktubeurs francophones, presque une soixantaine, passionnés de livres et souvent aujourd'hui meilleurs prescripteurs que les médias traditionnels. 
  
Le classement est par ordre alphabétique, afin de rompre volontairement avec la pratique qui consiste à renforcer ceux qui ont déjà une forte audience en les mettant systématiquement en avant. Rien ne dit, et les médias grand public nous le prouvent quotidiennement depuis des décennies, qu'aux plus grandes audiences correspond forcément la meilleure qualité. C'est plutôt l'inverse que nous observons.
 
En général est portée la mention "généraliste" dès lors que l'onglet "A propos..." sur leur page Youtube ne fait pas mention d'une spécialité. Dans les faits cependant, la grande majorité des acteurs de la prescription littéraire sur Youtube est constituée de jeunes femmes, des booktubeuses donc, et le plus souvent principalement lectrices de littératures de l'imaginaire et "young adults".
Lorsqu'un autre genre littéraire apparait clairement je le mentionne.
Je précise aussi si l'animateur ou l'animatrice est de la francophonie (quelques-un-es de Suisse et du Québec), et j'indique lorsqu'un blog dédié est apparenté à la chaine vidéo.

Comme pour la liste des éditeurs numériques francophones il s'agit là d'une initiative indépendante et bénévole et en aucun cas d'une recommandation de quiconque.
Cependant cette liste, contrairement à la précédente, n'a pas vocation a être régulièrement actualisée. Je vous renvoie vers le site web et les applications Booktubers, qui a déjà référencé plus de 500 booktubeurs francophones, qui vous propose leurs vidéos et de multiples services...

 LA LISTE DES BOOKTUBEURS-EUSES FRANCOPHONES

vendredi 31 mars 2017

Livre Audio - Mon introduction à la table ronde

J'ai eu le plaisir de coorganiser et d'introduire la table ronde sur le livre audio du 30 mars 2017 à l'Ecole Estienne {voir les détails ici}.

Voici le texte de mon introduction intitulée : "Dans le livre audio se conjuguent les mystères du livre et de la parole"...

" A en croire l'actualité de ces derniers mois le livre audio serait un marché en pleine expansion.
Il bénéficiait d'une bonne visibilité, avec stands et animations au récent Salon du livre de Paris (Cécile Palusinski et Valérie Lévy-Soussan qui y étaient pourront nous en parler) et les initiatives intéressantes se multiplient (elles nous en parleront aussi).
Le développement du livre audio jusqu'alors sur cassettes audio, puis sur CD, pourrait-il profiter de l'invasion des smartphones et, dans quelques temps, des casques de réalité virtuelle ?

En introduction à cette table ronde, qui sera animée par Olivia Phélip de Viabooks, je voudrais vous inviter à un petit voyage dans le temps.
Quand nos ancêtres les plus lointains émergent à la surface de la Terre il n'y a d'abord que la vaste symphonie du monde, la bande son des éléments naturels et des autres animaux. Puis nous passons des grognements au langage articulé, et nous commençons à raconter des histoires. Il serait amusant de déterminer le rôle du mensonge dans ce que les spécialistes de l'origine du langage appellent l'invention du signal découplé.
L'oralité est première. L'écrit vient ensuite, et pendant longtemps très peu savent écrire et très peu savent lire. Celui qui sait, fait la lecture, et les autres écoutent. C'est pourquoi dans la Grèce antique il y avait plusieurs verbes pour signifier « lire », et le plus important signifiait quelque chose comme « essaimer », « distribuer ».
Au niveau individuel nous revivons tous cette histoire de notre espèce. Tout jeune enfant nos premiers contacts avec les livres le sont par les histoires qui nous sont lues par des adultes. Puis progressivement nous passons plus ou moins à la lecture silencieuse.
Pour l'helléniste Jesper Svenbro la lecture silencieuse aurait pu être rendue mentalement possible dans la Grèce antique par l'expérience du théâtre, le choc de constater que des semblables (les acteurs) pouvaient dire du texte mémorisé sans le lire, sans l'énoncer comme lu devant le public.
Françoise Prêtre aura certainement des choses intéressantes à nous dire sur l'importance de la lecture à haute voix dans les livres numériques et les applications destinés aux jeunes enfants.
Dans sa bien intéressante Une histoire de la lecture (Actes Sud éd.), Alberto Manguel rappelle comment « écouter lire » perdure au fil des siècles, et comment pendant un certain temps des lecteurs officiaient à Cuba en accompagnement des heures de travail dans les ateliers des fabriques de tabac. Je rappellerais aussi l'anecdote bien connue, dont nous trouvons trace dans l'une de ses lettres, de l'étonnement de Saint Augustin lorsqu'il découvre que son nouveau précepteur, Ambroise, lisait en remuant à peine les lèvres et sans proférer le moindre son (nous sommes vers 380).

Pour conclure, cinq points que je tiens rapidement à lister avant de passer la parole à Olivia Phélip :
D'un point de vue strictement perceptif et neuronal écouter et lire sont deux activités différentes.
La voix humaine fait incontestablement passer des émotions qui seraient à même d'engendrer une plus grande résonance affective chez le lecteur, mais en quoi cela influence-t-il le sentiment d’immersion et le processus d'imagerie mentale d'une lecture silencieuse ?
La question de l'attention se pose également : quand nous lisons, nous maintenons une activité semi-consciente permanente, c'est-à-dire que si nous cessons de lire, la lecture s'arrête, alors qu'un livre audio nous pouvons très bien cesser d'écouter et l'histoire continue de se dérouler...
Dans ma pratique personnelle de lecture de fictions, lorsqu'une phrase retient mon attention, bloquant en quelque sorte le cours naturel de ma lecture, je la relis une ou deux fois à voix basse, et alors le sentiment de visualiser, voire de vivre la scène s'en trouve généralement augmenté.
Enfin, écouter lire, est une chose, lire à voix basse pour soi, une autre, et lire à haute voix, autre chose encore.

En conclusion, la problématique lecture à haute voix / lecture silencieuse est très ancienne, et il est justement intéressant je trouve de souligner qu'elle est toujours d'actualité. Comme quoi quelque chose d'essentiel doit certainement se jouer là.
Une Commission Livre Audio, présidée par Paule du Bouchet (Gallimard - Ecoutez Lire) a été créée en 2015 au SNE, nous en avons la Vice-présidente, en la personne de Valérie Lévy-Soussan, et une étude sur les Français et les contenus audio est sortie à l'occasion du récent Salon Livre Paris. Notre sujet de ce soir est donc bien stratégique et d'actualité, et au-delà du livre audio se pose aussi déjà la question de la bande son des livres numériques et du transmédia, et Laurent Morgana aura probablement des choses intéressantes à nous dire là dessus.
Voilà. J'ai beaucoup parlé, je vais maintenant être tout ouïe... "

jeudi 30 mars 2017

La vie est naturellement transmedia

J'ai eu le plaisir de participer le 28 mars 2017 à une table ronde coorganisée par Usbek & Rica et KissKissBankBank sur le thème :  
LE FUTUR DU LIVRE SERA-T-IL TRANSMEDIA ? 
en compagnie de Elise Nebout (co-fondatrice et directrice de l'école d'écriture Les Mots) et de Benjamin Lelong du studio transmédia SmallBang. Nos échanges étaient animés par Lila Meghraoua du magazine d'exploration du futur Usbek & Rica

En résumé, ce fut pour moi l'occasion de proposer ma définition du transmédia : "le passage d'un même flux narratif par différents médias" ; et de m'étonner de la tendance à toujours vouloir relier les extensions du numérique et des écrans à l'écosystème du livre et de la lecture, car, ne s'agit-il pas aussi d'autre chose ?
J'ai parlé du passage de "l'interaction" à "l'immersion", de la projection d'un soi lecteur ou lectrice dans un "fictionaute", des métalepses narratives, et eu l'idée que notre souci permanent d'élaborer des dispositifs et des interfaces de lecture engendrant des simulacres du réel toujours plus réalistes pourrait relever d'une espèce de... biomimétisme. A suivre...  
La vidéo de la rencontre qui était diffusée en live sur Facebook est... ici sur la page de KissKissBankBank.

mercredi 22 mars 2017

Salon du Livre Paris 2017

Bonjour, je serai en balade au Salon du Livre de Paris ce vendredi 24 mars 2017 et éventuellement le lundi 27. N'hésitez pas à me faire signe sur place ou à me contacter dès maintenant si vous souhaitez que nous nous y rencontrions :-) 

mardi 21 mars 2017

LIVRE et TRANSMEDIA

Quid du livre face au transmédia
Si le livre n'est pas transmédia, la lecture, elle, l'est, elle l'est comme la vie, elle l'est spontanément, naturellement et essentiellement pour notre plus grand plaisir. 

C'est ce message, entre autres, que j'essayerai de faire passer le mardi 28 mars à la table ronde organisée à la Maison du Crowdfunding - KissKissBankBank, de 19H00 à 20H30 : LE FUTUR DU LIVRE SERA-T-IL TRANSMEDIA ? animée par Lila Meghraoua du magazine Usbek & Rica.

Le transmédia est plus que jamais d'actualité ! 
J'ai récemment eu le plaisir de répondre à ce sujet à une interview de Mathieu Jankowiak sur Creative Insights Mag { à lire en cliquant ici... }. 

Extrait de cet entretien :
Quelle définition pouvez-vous donner du transmédia ? 
" Le transmédia n’est pas un média. C’est le passage d’un même flux narratif par différents médias.
Ce n’est là bien sûr que ma définition personnelle par rapport à mes propres recherches en prospective. Mais il me semble important de ne pas tout confondre et mélanger. Un média est simplement un moyen de diffusion. Le multimédia, qui remonte au moins au mouvement surréaliste, consiste à utiliser différents médias au sein d’une même réalisation. Le cross-média utilise lui différents médias pour diffuser un même contenu qui se décline différemment dans chacun en fonction de ses caractéristiques. Le transmédia va au-delà, par essence il est narratif et sur le modèle des « mondes persistants » apparus avec les jeux en ligne massivement multijoueur. C’est-à-dire que même en notre absence le contenu continue d’exister et d’évoluer, de changer en temps réel… Qu’il soit fictionnel ou documentaire, chaque média traversé présente un contenu à la fois singulier et complémentaire aux autres, tout en restant évolutif au gré des interactions avec ses « lecteurs »... "
J'avais également eu le plaisir d'organiser et d'introduire une table ronde sur ce thème : Le transmédia va-t-il réinventer le livre ? à l'Ecole Estienne, en partenariat avec l'ATEP (Association des techniciens de l'édition et de la publicité) et Viabooks, le 09 janvier courant. 

lundi 20 mars 2017

Retour sur le Festival VIDEOFORMES 2017

J'ai eu le plaisir pour la deuxième année consécutive de participer à la table ronde du festival international d'arts numériques VIDEOFORMES.

En compagnie d'Elise Aspord (Docteur en histoire de l’art et membre associée du laboratoire Communication et Solidarité, Université Clermont Auvergne), qui présentait et animait cette rencontre, et de l'artiste iranienne Golnaz Behrouznia, j'ai pu exposer quelques-unes de mes idées sur le sujet de la narration non-verbale et essayer d'apporter quelques éléments de réponse à la question : pourquoi des images seules font-elles narration ?

 Mon intervention en résumé :

J'ai développé ma réflexion dans la perspective de cette citation de Marcel Proust : "Nous sentons dans un monde, nous pensons, nous nommons dans un autre, nous pouvons entre les deux établir une concordance mais non combler l'intervalle." (Du côté de Guermantes).
J'ai commencé par montrer quelques illustrations de paréidolies, un type d'illusions d'optique engendrées par notre cerveau et qui nous font reconnaître dans des formes naturelles (nuages, roches…) des visages humains ou des silhouettes animales..., pour évoquer ensuite les travaux du psychologue cognitiviste Stanislas Dehaene sur la lecture et la reconnaissance des formes.
Avec en illustration le tableau de William Blake, Christian lisant son livre, j'ai abordé la question : Qu'est-ce que lire ?
Je me suis ensuite inspiré d'une peinture d'un peintre italien du 16e siècle, Allégorie de l'aube, par Battista Dossi, pour évoquer la nouvelle théorie du rêve proposée par le neurobiologiste français Jean-Pol Tassin, pour lequel ce serait le réveil qui engendrerait le rêve... 
 
Enfin, c'est sur la célèbre photographie de Daguerre du boulevard du Temple en 1838 (photo ci-contre) que j'ai conclu mon intervention, en la proposant comme une hyper-métaphore d'un psaume de la Septante qui dit : 
 
"C'est dans l'image que chemine l'homme.
(Traduction de Jean-Louis Chrétien).

Bien évidemment ce n'est là qu'un résumé... 
Et qui que vous soyez à lire ce blog, je reste disponible pour venir échanger avec vous en d'autres endroits, en d'autres occasions.

N.B. illustrations photographiques : en haut photo de Gabriel Soucheyre, en bas photo de Loïez Deniel. Merci à eux deux.

mercredi 8 mars 2017

Le Livre Audio - Les intervenants

Le jeudi 30 mars 2017 à 18H00 aura lieu au sein de l'Amphi Charlie de l'Ecole Estienne (école supérieure des arts et industries graphiques de la Ville de Paris) une rencontre-débat autour de la question : 
 
LE LIVRE AUDIO - Chainon manquant entre imprimé et numérique ?
 
J'aurai une nouvelle fois le plaisir d'introduire ces échanges qui seront ensuite animés par Olivia Phélip de Viabooks.

Pour participer inscrivez-vous gratuitement par mail auprès de : pan.sarmant@ecole-estienne.fr.

Les participants seront :

 - Valérie LEVY-SOUSSAN
Présidente-directrice générale d'Audiolib (http://www.audiolib.fr/), maison d'édition de livres audio lancée en 2008 et filiale du Groupe Hachette Livre, elle est également Vice-présidente de la commission livre audio du SNE (syndicat national de l'édition - http://www.sne.fr/commissions/livre-audio/) créée en 2015 et présidée par Paule du Bouchet (Gallimard - Écoutez Lire).

- Cécile PALUSINSKI
Présidente de l'association reconnue d’intérêt général La Plume de Paon de promotion du livre audio et du livre audio numérique à Strasbourg (http://www.laplumedepaon.com/), elle est l'organisatrice du Grand Prix du Livre Audio, du Prix du Public, de la Plume de Paon des Lycéens et du Festival du livre audio. Elle est également auteur de livres audio et présidente de Numered Conseil (http://www.numered.com), agence de conseil et de formation à destination des professionnels de la culture confrontés à la mutation numérique.

- Françoise PRÊTRE
Fondatrice et directrice des éditions numériques jeunesse et d'audiobooks La souris Qui Raconte (http://www.lasourisquiraconte.com/) créées en juin 2010 et dédiées aux 5-10 ans. Ancienne directrice de production et directrice artistique elle s'adresse au grand public, mais aussi aux collectivités (bibliothèques et écoles), son équipe compte 22 auteurs, 31 illustrateurs et 6 comédiens-conteurs.

- Laurent MORGANA
Co-fondateur et président d'AtmosFeel (https://www.atmosfeel.fr/), éditions multimédia faisant appel à des comédiens professionnels créées en juin 2014, et Les Voix AtmosFeel (http://lesvoix.atmosfeel.fr/) studio de casting voix et d'enregistrements audio. AtmosFeel a pour ambition de mêler les arts littéraires, musicaux et (photo)graphiques au travers d'œuvres multimédias collaboratives.

Informations pratiques

Jeudi 30 mars 2017 de 18H00 à 20H00 - Amphi Charlie - Ecole Estienne - 18 boulevard Auguste-Blanqui 75013 Paris (Entrée par la rue Abel Hovelacque).
Participation gratuite sur réservation obligatoire par mail auprès de l'Ecole Estienne à pan.sarmant@ecole-estienne.fr

samedi 4 mars 2017

Edition Numérique - Etat des Lieux

Pour la première actualisation 2017 de la liste des éditeurs numériques francophones (à consulter librement en suivant ce lien) s'est imposé le besoin de faire un point critique sur l'édition numérique francophone

Force est de constater, en effet, que depuis la création de cette liste en avril 2011, et même depuis la parution en 2007 de mon livre Gutenberg 2.0 le futur du livre, l'édition numérique stagne
On me le fait souvent remarquer avec un sourire moqueur, certains confondant avec un plaisir niais "prospective" avec "numérique", voire avec "informatique" ;-( 

Quelques constats...

- Depuis le lancement de cette liste, 24 éditeurs ont "mis la clef sous la porte", comme l'on dit familièrement. Mais, régulièrement, de nouveaux se lancent. Ils étaient une trentaine au départ, ils sont aujourd'hui presque 180, et cette liste n'est sans doute pas exhaustive.
- De plus en plus parmi eux proposent l'impression à la demande, souvent en partenariat avec... Hachette ;-)
- Le lectorat traditionnel suit peu. Ou alors il emprunte des voies détournées (?), soit, en téléchargeant gratuitement des titres du domaine public - plusieurs sites permettant en toute légalité d'accéder à de très nombreux classiques de la littérature, soit, en devenant parfois pirate.
- Par ailleurs, il est encore trop tôt pour que de nouvelles générations de lecteurs, natives du numérique, et ayant fait leur apprentissage de la lecture en partie au moins sur des supports numériques, soient en mesure d'influer sur le marché du livre.
- L'édition numérique jeunesse reste toujours le secteur le plus créatif et elle joue certainement un rôle important qui ne se révélera qu'à moyen terme, lorsque ses jeunes lecteurs seront devenus grands ;-)

Pourquoi cette stagnation


vendredi 17 février 2017

Le Livre Audio - table ronde

Le jeudi 30 mars 2017 j'aurai une nouvelle fois le plaisir d'introduire une table que j'ai organisée en partenariat avec l'Ecole Estienne (école supérieure des arts et industries graphiques), l'ATEP (Association des Techniciens de l'Edition et de la Publicité) et Viabooks.
 
Son thème :
LE LIVRE AUDIO - Chainon manquant entre imprimé et numérique ?

" Le développement tant attendu d'une demande pour le livre audio semble correspondre avec le constat de la stagnation du marché du livre numérique, est-ce un hasard ou un signe ? Comment le livre audio se positionne-t-il par rapport à l'imprimé et au numérique et quels lectorats cible-t-il ? De quelle manière la nouvelle expérience de « lecture » par l’audio génère-t-elle de nouveaux usages par rapport au texte, non plus « lu-vu », mais « lu-entendu » ? Quelle importance l'audio a-t-il auprès des enfants qui seront les lecteurs de demain et comment cela influencera-t-il leurs futures pratiques ? En résumé, nous débattrons pour essayer de savoir si le livre audio pourrait se révéler être un trait d'union entre l'édition papier et les nouvelles pratiques de lecture que nous pouvons observer. "

En introduction, je rappellerai brièvement l'importance de l'oralité et des pratiques de lecture à voix haute au cours de l'histoire du livre et préciserai les enjeux du développement du livre audio dans les perspectives actuelles de mutations des dispositifs et des pratiques de lecture. Puis interviendront : 

 
- Valérie Lévy-Soussan
, P-DG d'Audiolib et Vice-présidente de la Commission livre audio du SNE (syndicat national de l'édition).
- Cécile Palusinski, Présidente de l'association La Plume de Paon, organisatrice du Grand Prix du Livre Audio, du Prix du Public, de la Plume de Paon des Lycéens et du Festival du livre audio.
- Françoise Prêtre, fondatrice et directrice des éditions numériques jeunesse La Souris Qui Raconte.
- Laurent Morgana, co-fondateur et président d'AtmosFeel (éditions multimédia) et Les Voix AtmosFeel (studio).
- Le débat sera animé par Olivia Phélip (Viabooks).

Informations pratiques
Jeudi 30 mars 2017 de 18H00 à 20H00 - Amphi Charlie - Ecole Estienne - 18 boulevard Auguste-Blanqui 75013 Paris (Entrée par la rue Abel Hovelacque).
Participation gratuite sur réservation obligatoire par mail auprès de l'Ecole Estienne à pan.sarmant@ecole-estienne.fr

samedi 4 février 2017

Du marché du livre comme un échiquier

Du marché du livre considéré comme un échiquier, en trois points :
 
1 - L'interprofession du livre est depuis des années impactée par l'informatique, puis par le numérique, c'est-à-dire non seulement au niveau de la conception et de la fabrication au sens large, mais aussi de la diffusion et de la médiation.
Les auteurs s'émancipent de plus en plus de la traditionnelle chaine du livre. Les prescripteurs changent (médias sociaux, booktubeurs...). Les lecteurs explorent d'autres voies, d'autres contenus, voire piratent. De nouveaux entrants ouvrent de nouveaux champs narratifs venus des jeux vidéos, des arts numériques, de la recherche universitaire...
Pour maintenir son activité il est devenu vital de pouvoir accompagner l'émergence des nouvelles pratiques de lecture et de consommation de l'information pratique et lexicale (dictionnaires...), et de pouvoir anticiper sur les impacts des effets générationnels.

2 - La prospective est une discipline éminemment pratique.
Par des méthodes de veille et de simulations (scénarios envisageant les différentes évolutions possibles) elle aide à la prise de décisions.
La prospective peut également influer sur l'avenir en orientant des décisions stratégiques à plus ou moins long terme vers l'accomplissement d'un futur jugé comme plus souhaitable que d'autres, et/ou en détectant suffisamment tôt des signaux faibles porteurs de potentielles ruptures.

3 - Bien comprise, la prospective des dispositifs et des pratiques de lecture, au-delà de ses dimensions théoriques, recouvre en réalité des aspects très concrets et opérationnels à court et moyen termes, notamment par l'apport d'une veille stratégique et technologique concurrentielle, d'intermédiations avec les acteurs d'autres horizons, et d'aides à l'innovation et à la prise de décisions.

Si vous n'avez pas de stratégie, c'est que vous faites partie de la stratégie de quelqu'un d'autre.” Alvin Toffler
Qu'on se le dise à toutes fins utiles, n'est-ce pas ?

vendredi 3 février 2017

La Narration Non Verbale - table ronde

Pour la deuxième année consécutive j'aurai le plaisir de participer le 18 mars prochain à la table ronde, organisée dans le cadre du Festival d'arts numériques VidéoFormes de Clermont-Ferrand.
 
Le thème en sera : Deuxième écran / Premier écrit (présentation en ligne sur le site de VIDEOFORMES).
En partenariat avec l’Université Clermont Auvergne, le Service Université Culture, l’Institut des Sciences de la Communication du CNRS (ISCC pôle Auvergne) et Littérature au centre (LAC), cette table ronde sera présentée et modérée par Elise Aspord (Docteur en histoire de l’art et membre associée du laboratoire Communication et Solidarité, Université Clermont Auvergne, et de l’ISCC Auvergne), et elle accueillera également comme autres participants, Golnaz Behrouznia (artiste en résidence à VIDEOFORMES et qui présente Lumina Fiction  #2 à la Galerie de l’Art du Temps), Jean-Paul Fourmentraux (professeur des Universités HDR - Aix-Marseille, Centre Norbert ELIAS / CNRS / EHESS, IMéRA et Directeur de programme Art, Science, Société).
 
Mon intervention portera sur le sujet de la narration non-verbale, et en voici une première approche introductive : 
  
" Dans la genèse de notre espèce l'image est première. Comme en témoignent aujourd'hui encore les peintures pariétales, c'est à partir d'elles, des images, que nous faisons notre lecture du monde. Chacun(e) d'entre nous repasse par ces étapes civilisationnelles : l'intensité des rêves du nourrisson, l'acquisition du langage articulé, la découverte de la parole performative, puis l'écrit et la lecture silencieuse du monde. Des lectures qui transforment le monde et font émerger d'autres mondes. C'est au cours de ce processus "alchimique" que les images deviennent verbe et que le verbe singulier prend formes, au pluriel. Des formes multiples. Un psaume de la Septante dit que : "C'est dans l'image que chemine l'homme".
Des grottes de Lascaux aux casques de réalité virtuelle, pour paraphraser Ludwig Wittgenstein : "Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde". Alors, pourquoi les images font-elles narration ? Mais, aussi, qu'est-ce que les nommer fait, qu'est-ce que nommer entraine ? Voilà les questions que j'aborderai à la table ronde du 18 mars 2017 à Vidéoformes, car : "Nous sentons dans un monde, nous pensons, nous nommons dans un autre, nous pouvons entre les deux établir une concordance mais non combler l'intervalle." (Proust - Le côté de Guermantes). "

Infos pratiques : le samedi 18 mars 2017, 10H00-12H30, Maison de la Culture, salle Boris Vian, Clermont-Ferrand, programme du festival d'arts numériques ici : http://festival2017.videoformes.com/  :-) 

jeudi 12 janvier 2017

Introduction table ronde Transmédia et Narration

Le 09 janvier 2017 avait lieu à l'Ecole Estienne (école supérieure des arts et industries graphiques de la Ville de Paris) une table ronde sur le thème : Le transmédia va-t-il réinventer le livre ?

Ci-après une retranscription de mon introduction à cette table ronde : 
 
" [...] Dans le cadre de mon travail permanent de veille stratégique sur les dispositifs et les pratiques de lecture je note deux points en rapport direct avec notre thème de ce soir :
 
1 - le transmédia et les nouvelles formes de narration confirment le besoin de notre espèce humaine en fictions ;
2 - mais les questions : Sous quelles formes ? Sur quels supports ? Avec quels dispositifs ? demeurent toujours. 
 
Voilà pourquoi j'ai souhaité que nous parlions ce soir à partir de faits concrets.
Aussi j'ai donc constitué le plateau de cette table ronde dans le souci de réunir des jeunes professionnels, qui ont déjà à leur actif des réalisations en édition numérique ou transmédia, et, qui ont également des projets actuellement en cours. 

Pour introduire les échanges qui seront ensuite animés par Olivia Phélip de Viabooks, j'ai juste relevé quelques informations sur ces derniers mois :
 
- A la mi-juin 2016 le premier groupe d'édition français, Hachette Livre, a fait l'acquisition au Royaume-Uni d'un studio de jeux vidéo. Interrogé à plusieurs reprises durant l'été par les médias le PDG de Hachette Livre, Arnaud Nourry, a clairement justifié ce choix stratégique par la stagnation du marché des e-books qui ne prendrait pas en France et serait en recul aux Etats-Unis et en Angleterre.
- En octobre 2016, Stéphane Roussel, directeur exécutif de Vivendi et président de GameLoft déclarait (Le Monde) : "Je crois beaucoup aux jeux vidéos scénarisés.".
- Fin octobre, pour la première fois, la réalité virtuelle et ses potentialités narratives étaient présentées au sein de la fameuse Foire du Livre de Francfort...
- En novembre, Serge Hascoët, directeur éditorial du pole créatif central d'Ubisoft déclarait (Le Monde) : "Dans les prochains jeux vidéo Ubisoft, il y aura de moins en moins de narration.". 
Patatras ! Là, celles et ceux qui s'imaginaient la route toute tracée vers le tout immersif, le tout narratif etc., ne savent plus que penser. Mais c'est que les choses ne sont pas si simples que cela. Ubisoft cherche à anticiper le "tourisme virtuel", l'émergence de territoires virtuels à explorer et où chaque "joueur", chaque "lecteur", comme dans la vraie vie, écrira librement sa propre histoire. Second Life préfigurait ce modèle, High Fidelity, autre Métavers, lui en cours d'élaboration sur le web 3D immersive, incluant l'usage de casques de réalité virtuelle, vont dans ce sens [...].
Enfin pour conclure, deux autres faits très récents :
- Il y a quelques jours, le 5 janvier 2017, l'ACBD (Association des critiques et journalistes de bandes dessinées) publiait son Rapport 2016. Elle y présente la BD numérique comme un échec. De fait, si l'offre est de plus en plus conséquente, il n'y a pas véritablement un lectorat et un marché. Lire une BD sur album est et reste une expérience différente de celle de visionner un dessin animé ou un film d'animation. 
Sur ce point les réalisations de nos invités nous montreront qu'il peut en être autrement... 
- Enfin, aujourd'hui même 9 janvier, Delphine Ernotte, présidente de France Télévision, présentait son plan de création qui vise à produire 50% de fictions de plus d'ici 2020.

Alors comment penser l'avenir face à ces informations qui peuvent sembler contradictoire ?
Depuis les peintures pariétales notre espèce animale est animée par un besoin de créer des simulacres de la réalité, aussi la question essentielle à mon avis est-elle ce soir : comment exprimer ce besoin aujourd'hui au niveau de l'interprofession du livre, et comment permettre aux futurs professionnels, tels ceux formés à l'Ecole Estienne, d'atteindre et de dépasser cet horizon que serait le transmédia ? [...] "

Pour celles et ceux qui n'ont pas pu assister à cette table ronde, à voir : 
- PHALLAINA http://phallaina.nouvelles-ecritures.francetv.fr/ (qui était présenté par notre invité Pierre Cattan de Small bang...),
- THE ENEMY http://theenemyishere.org/fr/ (qui était présenté par notre invitée Hélène Adamo de Camera Lucida...)
- A lire : Livre numérique : ce que nous avons raté, pourquoi nous l'avons raté, et comment nous allons changer les choses, par notre invité Julien Simon sur le blog de Walrus ebook studio.

Illustration : photo par Laurent d'AtmosFeel.  

dimanche 1 janvier 2017

2017 et après ? Des fictionautes ?

Puissions-nous en 2017 puiser dans les mondes imaginaires
de quoi être
meilleurs dans le monde réel !