samedi 18 novembre 2017

Sortir des maux par les mots - Sylvie Dallet - Institut Charles Cros

Le site de l'Institut Charles Cros revient sur les participations récentes de sa présidente, Sylvie Dallet, et de moi-même, délivrées dans le cadre du Colloque international d'étude de la théorie mythanalytique, sous la direction d'Hervé Fischer et Orazio Maria Valastro, le 23 octobre 2017 à l'Université Paris Descartes.

L'intervention de Sylvie Dallet, Un exercice de mythanalyse : sortir des maux par les mots (enchâssements et énergies mythiques contemporaines), est particulièrement inspirante et ouvre de nombreuses portes et perspectives à la lisière de mes propres travaux sur la recherche d'approches pouvant déclencher ce que j'appelle : un processus d'autonomisation du lecteur de fictions littéraires, et qui passerait par l'engendrement d'espaces potentiellement habitables dans les fictions. 
  
Un extrait du texte de la communication de Sylvie Dallet :
" Usant d’un vocabulaire concret, le mythe engage par la parole et la lecture, les métamorphoses nécessaires de l’enfance, particulièrement reliée aux métaphores du corps. L’être humain fait partie de la Nature dans l’intimité de ses savoirs et de ses perceptions spirituelles et physiques. Les membranes irisées de la robe couleur de temps dont nous rêvons sont d’abord celles d’avant notre naissance au monde. La couleur révélatrice des sentiments, partie mythique du goût ou du refus des autres, se décline selon les cultures, dans une variation étonnante : le bleu est associé à la perspective (et à la Vierge) depuis Léonard de Vinci qui refusait le noir dans ses tableaux. Le noir est nécessaire à la méditation bouddhiste afin qu’elle puisse travailler cette couleur en contraste de la lumière. Pour l’Islam ancien, le noir, le vert et le blanc sont des couleurs traditionnellement valorisées alors que le bleu et le jaune sont éloignés des habits et des ornements. Le refus du bleu et du jaune les fait associer aux Chrétiens et aux Juifs, cantonnés dans ces couleurs depuis le Moyen-âge chrétien et musulman. Le rouge du sang est la grande couleur médiévale, qui s’associe au noir que la Renaissance s’efforce d’oublier. Chez les intégristes, la haine de la couleur correspond à l’uniformité des croyances.
Comment bouleverser et réinventer un chromatisme social chatoyant ? [...]
La première métamorphose est celle de la naissance, présence comme une remémoration à chaque acte fondateur de la vie future..."



N.B. : illustration Lorenzo Soccavo et Sylvie Dallet au Colloque international d'étude de la théorie mythanalytique - Photo D.R. (c) Weixuan Li.

samedi 11 novembre 2017

TOM1 - Regarder le Livre en face


Savez-vous que nous avons rendez-vous avec le livre le 09 décembre 2017 à la Maison Pour Tous Gérard Philipe de Villejuif (14H00) pour essayer de nous glisser dans les livres en suivant un clown-acteur ?


TEASER INTERVIEW TOM1-CIE EKLOZION from compagnie eklozion on Vimeo.

Plus d'informations dans les jours à venir... Si certains de mes textes ont pu inspirer cette réalisation poétique, et si celles et ceux qui suivent mes travaux pourront en retrouver certains extraits dans le texte mis en scène par Hyam Zaytoun et joué par Xavier Kuentz, c'est que, peut-être, ce décalage par rapport aux mots est nécessaire pour trouver, à la fois, la juste distance et le passage pour nous retrouver de l'autre côté du miroir, dans les livres. 
Une voie et des voix à suivre... A bientôt :-)

jeudi 9 novembre 2017

Lecture et Mythes - Institut Charles Cros

Lorenzo Soccavo et Sylvie Dallet
Depuis avril 2015 je suis chercheur associé à l'Institut Charles Cros, rattaché au séminaire "Ethiques et Mythes de la Création". 
Le site de l'Institut revient sur les participations récentes de sa présidente, Sylvie Dallet, et de moi-même, au colloque international sur la mythanalyse, en reprenant en partie mon texte de présentation. 
Une occasion de découvrir les actions, les artistes, chercheurs et partenaires de cet Institut transdisciplinaire unique en son genre, à partir de ce lien: Un exemple de mythanalyse : la tour de Babel et le mouton imaginaire
 
N.B. : illustration Lorenzo Soccavo et Sylvie Dallet au Colloque international d'étude de la théorie mythanalytique - Photo D.R. (c) Weixuan Li.

lundi 30 octobre 2017

Réponses à une étudiante au sujet de la "littérature numérique"

J'ai régulièrement le plaisir de répondre à des interviews d'étudiantes ou d'étudiants de diverses filières, mais qui tous ont en commun de s'interroger sur les évolutions des dispositifs et des pratiques de lecture. 
En général je suis à leur écoute et à celle de leurs enseignants et de leurs établissements pour notre intérêt réciproque, car, de fait, nous traversons tous bel et bien une période historique que nous pourrions qualifier, comme je le fais parfois, comme étant celle des "e-incunables"... 
  
- Faites-vous une distinction entre littérature numérique et littérature électronique ?
  
Je tiens d'abord à faire une distinction entre les mots et les idées. Distinguer "littérature numérique", "littérature électronique, "littérature informatique", etc., peut permettre tant une clarification qu'une inutile complexification. 
Quelle serait l'idée motrice derrière ces distinctions ?
Cela me rappelle les années, pas si lointaines, durant lesquelles nous passions du temps à distinguer e-book, avec un trait d'union, d'ebook, en un seul mot, et à nous demander comment appeler les nouveaux dispositifs de lecture à encre électronique. Jusqu'au jour où les usagers ont tranché à leur insu en utilisant le terme de "liseuse", proposé un jour par Virginie Clayssen. Aujourd'hui presque tout le monde sait ce que nous appelons "liseuse", mais cette acculturation en quelque sorte semble s'être faite naturellement, spontanément.
Globalement, pour vous répondre, nous pourrions considérer que la "littérature numérique" concernerait la littérature qui s'écrit et se diffuse par les voies du numérique, tandis que la "littérature électronique", un peu plus ancienne historiquement, concernerait elle plutôt ce qui est produit par des programmes informatiques, la littérature générative combinatoire, les générateurs de textes, par exemple. Je pense notamment à l'Atelier de Littérature Assistée par les Mathématiques et les Ordinateurs (ALAMO) lancé par le poète oulipien Jacques Roubaud dès 1981. Ce qui est écrit alors n'est plus l'oeuvre, mais, le programme qui générera l'oeuvre.
 
- Quelle définition donneriez-vous à la littérature numérique ? Lui donneriez-vous ce nom ?

Par nature je me méfie beaucoup des définitions qui nous enferment dans un cadre de pensée. L'important je pense, au 21e siècle, est de redéfinir : redéfinir le livre, redéfinir la lecture, redéfinir la littérature, etc.
Je ne sais pas s'il existe véritablement une "littérature numérique". Je dirais qu'il existe plus spécifiquement une "poésie numérique", dans le sens qu'il y a bel et bien depuis des années une production d'oeuvres poétiques expérimentales à la croisée des arts numériques et des performances artistiques en public. Cela peut remonter à Dada, voire même avant. Le numérique apporte simplement aux poètes de nouveaux outils d'expression et un formidable canal de diffusion.
Comme j'ai, à partir de 2011, défini les éditeurs numériques comme : "Un éditeur pure-player est un entrepreneur qui publie des livres exclusivement dans des formats numériques à destination des nouveaux dispositifs de lecture", je définirais aussi la littérature numérique de manière très formelle et rationnelle. La littérature numérique est la production littéraire écrite et diffusée par des outils numériques.
C'est surtout une question de supports et de dispositifs, et pas tellement de littérature je crois. Comme toujours cette dimension est primordiale cependant. Nous savons que passer des rouleaux de papyrus aux livres manuscrits sur parchemin n'a pas été sans incidences sur la création littéraire. De même l'imprimerie a révolutionné le champ d'expression romanesque. Nonobstant, si l'influence des supports et des canaux de diffusion est primordiale, elle n'est pas unique.
Comme une eau qui s'écoule, la création littéraire prend tous les chemins qu'elle peut suivre pour irriguer en nous.

- Mon mémoire questionne un certain angle : la littérature numérique s’inscrit-t-elle au sein d'un mouvement littéraire (qui est en cours de formation selon moi) ? Qu’en pensez-vous ?

Je suis assez dubitatif... A moins de définir la "littérature numérique" par rapport aux nouvelles formes de narrations que les outils numériques permettraient ? Appelleriez-vous "littérature numérique" ce que certains appellent : transmédia ?
En termes de "mouvement littéraire", ce que nous pouvons en fait observer pour l'heure est du domaine de la fusion (voire de la confusion) entre les champs de la littérature, du jeu vidéo et de la BD, et principalement par rapport à une construction en grande partie purement commerciale qui amalgamerait les différents styles des littératures de l’imaginaire à un genre "young adults", qui serait lui plutôt un segment du marché du livre. Nous sommes, ne l'oublions pas, à l'époque, non seulement du numérique, mais aussi, des industries culturelles.
Si mouvement littéraire il y a là, il serait dans une remise en cause du contrat de lecture et, à mon sens, dans la reconsidération des espaces imaginaires de la littérature comme de véritables espaces, explorables, voire habitables par les lecteurs. Mais nous sortirions là du cadre historique des écoles littéraires. Nous assisterions à une émancipation, une autonomisation des lecteurs par rapport aux modes de pensée du passé.
 
- Le numérique n’est-il pas le socle nécessaire pour que la littérature existe dorénavant ?
 
Peut-être, mais, pour ma part, je ne le crois pas vraiment. Je repense souvent à la fin de ce roman de Ray Bradbury, Fahrenheit 451. Elle est particulièrement émouvante je trouve dans l'adaptation cinématographique de François Truffaut. On y voit des groupes de lecteurs résistants cachés dans les bois et qui apprennent par coeur des livres entiers, chacun un livre, et chacun porte comme nom le nom du livre qu'il apprend... Et puis... que deviendrions-nous si la fée électricité venait à nous quitter ? Même aujourd'hui, comment accéder à cette littérature numérique sans le truchement de l'électricité ?
Je crois que le numérique est comme une fusée, mais ce n'est pas la Lune, et que la littérature, le texte avec une portée esthétique et morale, excède (dans son double sens de dépasser et d'importuner) toujours les outils d'écriture et de lecture.
Une autre face du numérique serait aussi à prendre en considération par rapport au livre : celle, moins créative, du profilage des lecteurs et des prescriptions de lectures par des algorithmes. Si vous voulez vraiment parler de littérature, la question est alors celle d'un rapport à la langue, et, qu'elle soit médiatisée par une machine matérielle ou logicielle c'est sa plasticité, sa créativité à elle, la langue, qui prédominent, et non pas celles de machines construites. Je pense aux "machines à mots" de Bernard Heidsieck qui finalement cherchaient peut-être à exprimer cela.
 
- Cette évolution de la littérature a-t-elle un avenir selon vous ? Deviendra t-elle une référence ?
   
Ce sera une étape, espérons-le. Je suis prospectiviste et non pas devin, ni prophète, et, en plus, mon point de vue est certainement subjectif. D'abord en tant que lecteur (de romans surtout) et par rapport certainement à ma génération, à mon âge. Mes apprentissages et mes premiers contacts avec l'écriture et la lecture ont été sur papier. Probablement que les tout jeunes enfants, qui aujourd'hui apprennent à lire et à écrire dans un environnement numérique, voient et verront ces questions autrement. En outre, mes recherches sont orientées versant lecteur. Comment faire, comment utiliser le numérique, pour enrichir l'imagerie mentale et augmenter le sentiment d'immersion des lecteurs par rapport à une fiction littéraire ? Je suis donc doublement subjectif ! Mais je crois vraiment que ce qui se joue actuellement se joue au niveau de la narration et de la suspension d'incrédulité à laquelle le lecteur accepte tacitement de s'abandonner. Le roman a bénéficié de l'imprimerie, mais, comment le numérique pourrait-il le métamorphoser tout en préservant la puissance du verbe sur celle des images animées ? 
   

mercredi 25 octobre 2017

Sur la Mythanalyse comme clef de lecture - Vers une plus grande autonomie des lecteurs de fictions

Le texte de mon intervention du lundi 23 octobre 2017 à l'Université Paris Descartes, dans le cadre du Colloque international d'étude de la théorie mythanalytique, sous la direction d'Hervé Fischer et Orazio Maria Valastro. 
Une version enrichie sera publiée en 2018 dans M@GM@ - Revue internationale en sciences humaines et sociales.

mardi 17 octobre 2017

Programme du Colloque de Mythanalyse

" En quête de mythanalyse 
Colloque international d'étude autour de la théorie mythanalytique

Sous la direction d'Hervé Fischer et Orazio Maria Valastro

Lundi 23 Octobre 2017
11h30-18h00
Salle de thèse - 5ème étage
Bâtiment Jacob
45 Rue des Saints-Pères - Paris
Université Paris Descartes

Le Séminaire Franco Brésilien, la revue M@GM@ et la Société internationale de mythanalyse, à l'occasion des 15 ans de publications de M@gm@ - Revue internationale en sciences humaines et sociales, organisent un colloque en collaboration avec l'Institut Charles Cros.

La revue M@GM@, pour célébrer cet anniversaire, vous convie au colloque international «En quête de mythanalyse», sous la direction d'Hervé Fischer et Orazio Maria Valastro, qui aura lieu lundi 23 octobre 2017 à l'Université Paris Descartes.

Depuis 15 ans, M@gm@ Revue internationale en sciences humaines et sociales, publie 3 numéros par an sur support électronique à accès libre, avec une version sur papier dans la collection Les Cahiers de M@GM@, publiée depuis 10 ans par les éditions Aracne de Rome.

En quête de mythanalyse, le numéro thématique dirigé par Hervé Fischer, publié en version électronique et sur papier, ayant témoigné de l’actualité et de la diversité des centres d’intérêt en mythanalyse, réunit en colloque les auteurs ayant contribué à cette recherche collective, et les chercheurs du Séminaire Franco Brésilien, pour une journée de réflexion sur la théorie mythanalytique.

Programme du colloque


11h30-12h-00 | Accueil des participants

12h-00-12h30 | Conférence d'ouverture officielle du colloque

Façon de faire, façon de dire : la mythanalyse et les mots 
Ana Maria Peçanha
Sociologue, Responsable du Séminaire Franco Brésilien (CEAQ). Chercheuse associée au Laboratoire d’Éthique Médicale et Médecine Légale, Université Paris Descartes
 

Christian Hervé
Médecin, Co-président de l'Académie internationale d'éthique, médecine et politique publique

12h30-13h30 | Conférences d'ouverture et discussion plénière

L'exigence d'actualité de la mythanalyse 
Hervé Fischer
Sociologue, Artiste-philosophe, fondateur et Président de la Société Internationale de Mythanalyse, fondateur de l'Observatoire International du Numérique à l'Université du Québec à Montréal (UQAM)

L'art mythanalytique en gestation 
Orazio Maria Valastro
Docteur en Sociologie - Université Paul Valéry Montpellier, Directeur scientifique de M@GM@ - Revue internationale en sciences humaines et sociales

13h30-14h30 | Pause déjeuner

14h30-16h00 | Séance animée par Ana Maria Peçanha 
Mythanalyses transnationales

Mythanalyse jungienne autour de l'œuvre de Pierre Solier 
Norbert Chatillon
Philosophe et psychanalyste, Président du groupe d'étude C. G. Jung Paris, Directeur de projets Société d'études et de recherches pour le transfert et l'ingénierie des formations

L'extension de l'archétype dans la matière: synchronicité et mythanalyse 
Walter Melo
Professeur associé Département de psychologie (DTSIC), Université Federal de Sao Joao Del Rei (UFSJ), coordinateur du Groupe chemins jungien

Mythanalyse : le récit de soi et de l'autre dans les réseaux sociaux numériques 
Renata Rezende Ribeiro
Professeur du programme de post graduation média et quotidien, Université Federal Fluminense (UFF/RJ)

Les mythes da Favela da Mangueira 
Regina Gloria Andrade
Psychanalyste, Docteur en Communication social, Professeur titulaire UERJ Brésil

L'amour, un regard mythique : désir et destruction 
Maria de Lurdes dos Reis Brito
Juriste

16h00-16h15 | Pause café

16h15-17h30 | Séance animée par Sylvie Dallet 
Mythanalyses parallèles

Enchâssements et énergies mythiques contemporaines 
Sylvie Dallet
Sociologue, Directrice de recherches au Centre d’Histoire Culturelle des Sociétés Contemporaine, Université Versailles ST-Quentin, Présidente de l'Institut Charles Cros

Pour une automythanalyse au risque de la science fiction et des sciences occultes 
Christian Gatard
Sociologue, fondateur de christiangatard&co, Institut d’études internationales de marchés et conseil en prospective

La mythanalyse comme clé de lecture 
Lorenzo Soccavo
Sociologue, chercheur associé à l'Institut Charles Cros, chercheur indépendant en prospective du livre et de l'édition

Amitiés virtuelles et amitié mythique 
Jawad Mejjad
Docteur en Sociologie, chercheur au Centre d'Étude sur l'Actuel et le Quotidien, Université Paris Descartes

Test 2.0 d'une typologie d'intentions discursives 
Andrés Dávila
Docteur en Sciences de Gestion, Co-fondateur et Directeur de recherche Praditus

17h30-18h00 | Séance animée par Ana Maria Peçanha, Hervé Fischer, Orazio Maria Valastro

Discussion et conclusion du colloque "

lundi 16 octobre 2017

Lecture et Cyberespace dans Savoir(s) le Mag de l'Université de Strasbourg

Pour cette rentrée universitaire le N° 31 d'octobre 2017 de Savoir(S), le magazine d'information de l'Université de Strasbourg consacre une page à l'évocation de quelques-uns de mes travaux sur la plateforme EVER (Environnement Virtuel pour l'Enseignement et la Recherche) de leur université. 

Pour rappel, j'ai développé sur cette plateforme web 3D immersive avec avatars sous logiciel libre OpenSimulator, différents prototypes en partenariat avec Jenny Bihouise : une librairie-témoin, un projet de bibliothèque universitaire, un café littéraire (dans lequel ont eu lieu plusieurs rencontres internationales en duplex) ; et, en partenariat avec Adret Web Art : plusieurs créations originales de mises en monde de textes littéraires d'auteurs français et québécois, ainsi que Lire en Choeur, à la fois projet de lectures partagées à haute voix et d'émissions radio... A suivre...

jeudi 12 octobre 2017

La mythanalyse comme clef de lecture - Colloque du 23 octobre 2017

J'aurai le plaisir de participer le lundi 23 octobre 2017 au Colloque international d'étude autour de la théorie mythanalytique "En quête de mythanalyse" à l'université Paris Descartes.
 
Cette journée, placée sous la direction
d'Hervé Fischer et Orazio Maria Valastro est organisée par Magma International - Journal in the humanities and social science, dans le cadre du Séminaire Franco Brésilien d'Ana Maria Peçanha au Laboratoire d’Éthique Médicale et Médecine Légale de l'Université Paris Descartes, pour les 15 ans de publications de M@GM@, Revue internationale en sciences humaines et sociale, en collaboration avec la Société internationale de mythanalyse et l'Institut Charles Cros. 
 
Mon intervention, intitulée : La mythanalyse comme clé de lecture, portera sur l'examen des principaux points qui seraient à étudier pour déterminer en quoi l'exercice d'une pensée critique et de notre liberté d'esprit pour déchiffrer nos mythes contemporains peut participer de l'autonomisation du lecteur de fictions littéraires, et comment en retour cette émancipation du lecteur pourrait favoriser l'influence de la mythanalyse dans nos sociétés en mutation...

Le lundi 23 octobre 2017 de 11H30 à 18H00, au 45 Rue des Saints-Pères à Paris.
L'événement sur Facebook... 
Plus d'informations, le programme complet en suivant ce lien...

mardi 10 octobre 2017

Le Lecteur Qui Manque

J'ai passé la Nuit Blanche 2017 du samedi 07 au dimanche 08 octobre, dans la salle du Conseil de Paris à l'Hôtel de Ville à suivre de 19H00 à 02H00 le procès mis en scène par l'équipe de la plateforme curatoriale Le peuple qui manque, de Aliocha Imhoff et Kantuta Quiros. 
   
Une belle initiative que ce procès fictif de la frontière entre fait et fiction, fondé sur l'essai éponyme de Françoise Lavocat, (mais procès de la fiction en fait), au sujet duquel j'avais fait part ici même de mes impressions de lecture en juillet 2016, reconnaissant à la fois les grandes qualités de l'ouvrage et, selon moi, ses réels dangers, en le qualifiant alors de : "brillant essai [qui] arpente la frontière pour y ériger un mur", même si évidemment comme dans toute formule expéditive il y a là probablement un peu d'inexactitude de ma part.
 
Une nouvelle fois cependant, les quelques lignes qui suivent ne sauraient en aucun cas être interprétées, ni comme une chronique ni comme une critique, en l’occurrence de cette longue veille du 07 octobre 2017. 
L'on ne pourra y lire, me semble-t-il, que l'expression subjective, peut-être plus ou moins maladroite, de ma tristesse et de mes inquiétudes.
   

Le Lecteur qui manque...


Pas une seule fois il ne fut véritablement question de lecture(s), et encore moins des lectrices et des lecteurs et, prisonnier du jeu de rôles de ce procès fictif, à aucun moment le public n'a eu droit à la parole. 
Mon point de vue maintenant donc, très brièvement résumé en quatre points seulement : 
  
1 - Réfléchir la fiction dans un rapport d'opposition aux faits empêche de la penser. Aussi, comme cela était malheureusement à craindre, ce procès fictif se limita à ma définition de la réflexion : une partie de ping-pong entre deux miroirs, en l'espèce celui des faits et celui des fictions. 

2 - Notre objectif devrait être de dépasser cette trompeuse opposition binaire. En rester ou en revenir à Aristote (si, si, j'ai bien entendu invoquer son nom !) et à la logique aristotélicienne, qu'est-ce que cela prouve finalement sur l'évolution cognitive de notre espèce ? Une chose : que nous n'avons pas beaucoup évolué ! 
  
3 - Nous sommes des animaux fabulateurs. Parmi les nombreuses interventions, seule au bout de plus de cinq heures celle de Pascale Piolino, chercheuse en neuropsychologie et en neuro-imagerie fonctionnelle de la mémoire à l'université Paris Descartes, a ouvert une brèche dans la carapace du réel. (Pour être honnête Camille de Toledo avait lui aussi touché juste. De mémoire je crois bien que ce fut la seule intervention applaudie.) 
Pour Pascale Piolino et ses équipes, dans un contexte de projection de soi dans un contenu fictionnel, notre cerveau traiterait l'information comme s'il s'agissait de la réalité (Cf. enregistrement vidéo de la séance à 5:50:15). Intéressant non ? 
 
4 - La fiction n'est pas synonyme de mensonge ou de désinformation. La racine du mot, là par où il tire ses nutriments et la force de faire remonter sa sève jusqu'à nous, serait le latin fictio : l'action à la fois de façonner et de feindre.
La fiction est clairement ainsi de l'ordre de la création et de l'engendrement, et absolument pas de celui du mensonge et de la désinformation. 
Que se passerait-il si dans une perspective mythanalytique nous changions, en apparence très légèrement, le tout début d'un texte fondateur de notre pensée judéo-chrétienne, le Prologue de Jean, et si au lieu de Verbe ou de Parole, nous disions : 
 Au commencement était la fictio...

N.B. 1 : La vidéo intégrale des 07 heures de procès est en ligne, et librement accessible en suivant ce lien... 
N.B. 2 : La photographie libre de droits ne représente aucunement le luxe de l'Hôtel de Ville de Paris, mais illustre assez bien mon état mental durant ces sept heures de procès fictif. 

samedi 23 septembre 2017

Repenser les politiques de lecture publique

Depuis des années les évolutions nécessaires des bibliothèques de lecture publique et des bibliothèques universitaires sont au coeur de mes préoccupations de prospectiviste du livre et de la lecture, et donc de mon travail de veille stratégique et de détection des signaux faibles.
Ce travail en perpétuel chantier se structure progressivement autour de lignes de force qui pourraient contribuer à la réflexion des professionnels des secteurs concernés.
 
Deux perspectives susceptibles de développements et d'applications concrètes sur le terrain sont d'ores et déjà clairement discernables : 
1 - La nécessaire invention de nouvelles médiations du livre et de la lecture passant par une redéfinition des droits des lecteurs...
2 - L'installation de médiathèques publiques et de bibliothèques universitaires dans le cyberespace appelé à être demain de plus en plus une véritable extension de nos territoires physiques...

Durant ces dernières années j'ai abordé ces deux axes de développement et de fabrique de l'avenir dans plusieurs posts, notamment ici même sur ce blog de la prospective du livre et de la lecture : 
N'hésitez pas à me contacter si vous souhaitez échanger sur ces sujets..

vendredi 22 septembre 2017

La Création Artistique comme Acte Magique


J'ai le plaisir de vous annoncer la reprise du séminaire de recherche interdisciplinaire Ethiques & Mythes de la Création (EMC) de l'Institut Charles Cros auquel je suis rattaché. Cette séance aura pour thème : La Création Artistique comme Acte Magique, et rassemblera les essais, les expériences et les témoignages de deux plasticiennes : Olga KATAEVA, peintre et doctorante cinéma à l’université de Paris 3 Sorbonne, avec comme intervention : L’art comme création magique et extatique dans l’œuvre de Sergueï M. Eisenstein, et Myriam MIHINDOU, photographe et plasticienne, avec : Géographies du rêve.
Rendez-vous le mercredi 4 octobre 2017,  à l’Espace Harmattan,  24 rue des écoles, 75006 Paris, de 14 heures à 17 heures, entrée libre dans la limite des places disponibles.
Plus d'informations sur le site web de L'Institut Charles Cros en suivant ce lien...

jeudi 21 septembre 2017

J'ai des choses à vous dire...

Lorenzo Soccavo
Oui, j'ai bien des choses à vous dire sur différents sujets, mais qui tous ont à voir avec l'avenir du livre et de la lecture.
Je pourrais vous raconter, par exemple, comment les lectrices et les lecteurs du 21e siècle pourraient devenir des fictionautes, des voyageurs inter-fictionnels et voyager véritablement dans les romans qu'ils lisent.  Oui, je le peux.
Je pourrais vous parler de l'émergence de nouvelles formes de narrations qui dépassent de beaucoup les limites des dispositifs de lecture quels qu'ils soient.
Nous pourrions faire ensemble l'archéologie de l'e-book et de "l'édition numérique" pour envisager sérieusement les perspectives d'un nouveau marché du livre.
Nous pourrions réfléchir ensemble à de nouvelles formes de médiation du livre et de la lecture et, par exemple, à l'avenir des bibliothèques et des médiathèques, notamment dans le cyberespace. Nous pourrions en débattre avec les "usagers" des bibliothèques. 
Nous pourrions sensibiliser les étudiant-e-s aux métiers du livre et de l'édition aux mutations auxquelles ils devront faire face durant leur carrière, leur donner la parole, et leur donner les clés pour une veille stratégique qui soit vraiment pertinente et personnelle et non pas automatisée par des algorithmes de recherche.

Autant de thèmes de conférences et de débats entre nous ! 
Après l'autonomisation du lecteur de fictions littéraires, mon premier souci est d'aider les acteurs de l'interprofession du livre à penser leur avenir en toute liberté d'esprit.
Je ne fais jamais deux fois la même conférence. Entre deux interventions je continue de réfléchir, de découvrir, et de poursuivre une veille qui repose sur l'extension continue du domaine du livre et de la lecture.
Oui, j'ai des choses à vous dire et je suis à votre écoute. Et vous ?
N.B. : Illustration D.R. : photo de Loiëz Deniel au Festival Vidéoformes 2017. "Lorenzo Soccavo en compagnie d'Elise Aspord".

samedi 26 août 2017

Une nouvelle bibliothèque en orbite ?

Dans quelques mois au plus tard les internautes qui le souhaiteront pourront, via la plateforme web 3D immersive OSGrid de la communauté internationale de développement du logiciel libre OpenSimulator - logiciel de création de mondes virtuels -, se connecter depuis chez eux à la Nouvelle BiblioSphère

Avec les flèches de leur clavier ils pourront simplement y déplacer leur avatar personnalisable selon leurs goûts et y échanger par la voix ou par écrit avec des accompagnateurs ou d'autres internautes auxquels ils auront donné rendez-vous.

Cet espace de la Nouvelle BiblioSphère présente trois niveaux, dont deux halls qui exposent les différentes possibilités de médiation autour du livre et de la lecture exploitables dans ce type d'espace web et que j'expérimente depuis plusieurs années, notamment avec Jenny Bihouise, qui se consacre au développement d'applications métier dans le web 3D, et Adret Web Art. A bientôt dans le cyberespace alors !
* Plus d'informations sur nos travaux en 3D en suivant ce lien interne...

lundi 21 août 2017

Espaces-temps fictionnels et désobéissance civile

Le premier long-métrage de Jean-Gabriel Périot, Lumières d'été, actuellement en salles (peu de salles malheureusement) superpose habilement deux espaces-temps : le passé (1945), dans lequel se trouve rejetée la réalité historique, et le présent (2017) dans lequel la fiction fait intrusion. 
Le phénomène qui se passe alors peut laisser penser que, davantage que le chevauchement, la coexistence, la cohabitation de fait de ces deux espaces-temps, et la forte probabilité aussi de la généralisation de ce phénomène, c'est-à-dire du fait que ce double recouvrement du passé par le présent et vice-versa, avec ce rejet de la réalité dans le passé et ce surgissement de la fiction dans le présent, soit fréquent, notamment dans des populations et des territoires fortement traumatisés par leur histoire ; ces faits peuvent laisser penser que le fiction pourrait être parfois un espace concret de libération et d'émancipation.

Ce film Lumières d'été de Jean-Gabriel Périot ferait un excellent sujet d'étude je crois pour des universitaires soucieux d'élargir le champ de réflexion de la narratologie.
La question implicite qu'il pose pourrait être formulée ainsi, si on se place dans la perspective de mes propres recherches : 
- Dans certains cas la fiction pourrait-elle être considérée comme un outil de résistance, voire de désobéissance civile, si nous l'envisageons comme un moyen de déplacer l'histoire officielle et les multiples histoires vécues sur d'autres niveaux de lecture ?

mardi 15 août 2017

Extension du domaine du livre et de la lecture

Le périmètre du champ d'influence des livres et de la lecture, ou dit autrement des dispositifs et des pratiques de lectures, ne cesse de s'étendre.
Que ce soit comme sources d'informations ou comme supports de diffusion, mon attention se porte de plus en plus entre autres vers les recherches universitaires et vers les arts numériques au sens large.
Pour ce qui est du versant public de mon travail permanent de veille, en plus de mon intense activité sur Facebook, Twitter, Google+, Linkedin, Viadeo..., réseaux sur lesquels je relaie des contenus souvent différents en fonction de leurs spécificités, j'ai récemment élargi ma zone de publication à deux autres plateformes :
- Framasphère (réseau social de Framasoft, mouvement d'éducation populaire du logiciel libre, créé à partir du réseau social libre Diaspora*), et,
- Digitalarti (réseau digital art & innovation, pour lequel : "L'art numérique est au carrefour de l'art, de la science, de la technologie et des émotions."). 
N'hésitez pas à venir m'y retrouver !
Si vous avez besoin pour vos projets de développement d'une veille stratégique dédiée et confidentielle, contactez-moi alors en privé. Les prestations que je propose sur ce domaine d'intervention sont hautement personnalisées (aucun recours à des logiciels de veille automatisée) et reposent avant tout sur mon approche et mes connaissances transversales des devenirs du livre et de la lecture, le renseignement humain, la détection de signaux faibles et l'intermédiation.

http://media.digitalarti.com/fr/blog/lorenzo_soccavo

vendredi 28 juillet 2017

Les Mondes Miroirs comme nouveaux espaces de médiation littéraire

Comme les autres probablement, notre espèce animale ne peut naturellement concevoir l'idée d'espaces qu'à partir de l'expérience pratique qu'elle peut en avoir par l'intermédiaire de ses sens physiques. Dit autrement : nous sommes mentalement conditionnés par le type d'espaces que nos sens peuvent percevoir.
Le cyberespace, tout comme les mondes intérieurs des croyants ou des mystiques ne répondent pas à ces limites et solliciteraient un autre niveau de perception ou de prise de conscience.
L'espace de nos rêves nocturnes nous confronte chaque nuit à d'autres logiques spatiales et, pour ce qui nous intéresse tout particulièrement ici, l'espace intérieur du lecteur de fictions littéraires, celui dans lequel le lecteur visualise et ressent les effets de réel des histoires qu'il lit, il doit lui aussi répondre à ses propres logiques, que justement je m'efforce d'élucider avec mes recherches. 
 
Les expérimentations que nous menons avec Adret Web Art et Jenny Bihouise, avec quelques auteurs et partenaires ont pour objectif de tester le potentiel d'espaces en 3D immersive avec avatars sur le Web, dans le vaste domaine de la recherche de nouvelles formes de médiations de la lecture. 
Ces tests développés sur OSGrid (plateforme officielle des développeurs du logiciel libre de création de mondes virtuels, OpenSimulator) ou sur EVER (Environnement Virtuel pour l'Enseignement et la Recherche, de l'Université de Strasbourg) concernent tant les recherches autour de la lecture audio, que le passage de la mise en scène à la "mise en monde", ou encore l'élaboration d'espaces de médiations ou d'apprentissages autour du livre et de la lecture...


Notre dernière expérimentation propose la découverte du monde miroir d'un jardin parisien.
A Paris, entre la Gare de l'Est et le Quai de Valmy du Canal Saint-Martin, le Jardin Villemin est un lieu emblématique du 10e arrondissement.
Cet endroit de forte mixité sociale et culturelle, et on ne peut plus ancré dans la réalité quotidienne, est au coeur du Carnet littéraire du 10ème arrondissement de Paris, entrepris par la romancière québécoise Danielle Dussault, à l'occasion d'une résidence d'écriture au Centre international d'accueil et d'échanges des Récollets, jouxtant le Jardin Villemin. 
C'est à l'écoute de ce texte, enregistré par l'auteure et les voix de Jacqueline et Jean-Claude Barral d'Adret Web Art, que nous invitons les internautes au cours d'une promenade dans la modélisation 3D immersive du jardin, réalisée par Jenny Bihouise.


Un monde miroir est le reflet dans une simulation numérique d'une parcelle du monde réel. Dans le montage photo ci-dessus, vous avez en haut une vue Google Earth du Jardin Villemin, et en dessous une vue aérienne de la même zone en web 3D. Dans ce deuxième cas, les internautes connectés à la plateforme peuvent conjointement se déplacer, se promener et échanger ensemble dans le jardin comme ils le feraient dans la réalité, et pour cause : c'est la réalité, mais sur un autre plan, dans une autre conception spatiale.
Une telle approche des mondes miroirs comme potentiels nouveaux espaces de médiation littéraire participe de mes recherches sur l'espace intérieur du lecteur de fictions.

vendredi 21 juillet 2017

in memoriam Labo BnF

Durant l'été 2014, il y a trois ans déjà, le Labo BnF, espace dédié à l'innovation du livre et de la lecture au sein de la BnF était discrètement démantelé.
Depuis, rien n'est venu remplacer ce qui au contraire aurait dû s'épanouir résolument.

Je n'ai aucun jugement à exprimer. Chacun et chacune est responsable de ses actes.
 
Seul mon engagement personnel est en jeu dans ma démarche et dans ce que, à partir du lundi 31 juillet de cette année 2017, jour de la Saint Ignace de Loyola, je pourrais entreprendre dans l'écho de cette disparition.
 
Aussi, par ma présence solitaire et silencieuse et mon silence réprobateur, je ponctuerai cet étrange espace de ma tristesse le lundi 31 juillet 2017 de 16H30 à 17H30. Et je resterai ainsi à l'extérieur au niveau de la descente vers l'entrée. Tout simplement.

N.B. : Photographies sous licence Creative Commons CCo Public Domain, libres pour tous usages sans attribution requise - source https://pixabay.com/

lundi 10 juillet 2017

Promenade Littéraire et Cyberespace


Prochainement je serai en mesure de rendre compte et d'inviter les fictionautes volontaires à une expérience de promenade littéraire dans le monde miroir d'un lieu parisien. A suivre cet été...

dimanche 9 juillet 2017

Du Métavers au Livre Audio

Plusieurs des créations numériques en immersion 3D avec avatars que j'ai accompagnées depuis 2016 à titre expérimental sur la plate-forme EVER de l'Université de Strasbourg viennent d'être éditées par VOolume en livres audio (CD et téléchargements), respectivement : Au fil de l'eau d'Ann Rocard ; Camille Claudel, la valse des gestes, et, Barbara, ébène et ivoire, de Denis Morin.



mercredi 21 juin 2017

L'imaginaire littéraire comme territoire

Dans ce nouveau texte : L'imaginaire littéraire comme territoire, j'ai voulu attirer notre attention sur l'espace intérieur du lecteur de fictions littéraires
Pour ce faire nous allons sommairement essayer d'y dépasser l'horizon de certains concepts, comme ceux de métalepse, d'identité narrative et d'effets de réel, pour proposer aux lecteurs de nouvelles expériences de lecture
J'ai opté, comme cas pratique, pour la lecture comparative de courts extraits choisis provenant des deux traductions en français du roman de Thomas Mann, La montagne magique, roman culte pour moi.
Vous pouvez lire ce texte sur le site d'Academia en suivant ce lien...

mardi 20 juin 2017

Prospective du Livre et Mythanalyse

Mon texte de 2014 : Nous, animaux fabulateurs et nos technologies de l’illusion, qui traite des rapports, des passerelles entre la prospective du livre et de la lecture et la mythanalyse, dans un numéro spécial sous la direction de Hervé Fischer des Cahiers de M@GM@ est maintenant disponible en version imprimée (et PDF) aux éditions Aracne (textes en français) :

Plus d'informations et commandes sur le site de l'éditeur...

dimanche 18 juin 2017

Se libérer par les métaphores


A la double métaphore du monde comme livre et du livre comme monde, je substitue dans mes recherches celle de la lecture qui sort du bois et du lecteur qui entre dans la forêt.
L'idée de ce double mouvement dans l'espace de notre imaginaire, et aussi, dans le temps, ce moment unique où l'un et l'autre, la lecture et le lecteur, en viennent à se croiser, à se rencontrer, seraient propices je crois à réfléchir l'autonomisation du lecteur de fictions littéraires.
Ce à quoi je travaille.
Si cela vous intéresse n'hésitez pas à me contacter.

vendredi 16 juin 2017

Le chainon manquant entre l'homme et le fictionaute ?

L'avatar numérique pourrait-il être le chainon manquant entre l'hominidé et le fictionaute, ce voyageur inter-fictionnel qui, en nous, vient au monde avec ce millénaire ?
C'est à cette question que je vais tenter de répondre très brièvement.
Je le fais ainsi, c'est-à-dire sous la forme d'un court texte écrit qui, par exemple, pourrait ensuite être lu par mon avatar sur les opensims.
Les opensims sont un ensemble de continents flottants dans le cyberespace comme de grosses bulles de savon.
Concrètement il s'agit de plate-formes web 3D immersives développées à l'aide de logiciels libres et nécessairement hébergées sur les supports matériels de serveurs informatiques qui ont logiquement des propriétaires : ils peuvent donc disparaitre à tout instant, propriétaires comme plate-formes, comme des bulles de savon.


Mais ce sont cependant des mondes peuplés.
Ces mondes sont peuplés par les avatars des internautes qui s'y connectent.


Les avatars qui les habitent donc y sont des représentations pixelisées, des projections des internautes qui s'y sont avatarisés volontairement et ont, pour l'instant encore, le plus souvent une existence biologique, même s'ils peuvent être sur Terre séparés les uns des autres par plusieurs milliers de kilomètres.
Si au lieu de lire ce texte seul devant votre écran nous étions vous et moi connectés sur un même opensim, je pourrais vous le lire, nous serions affectivement ensemble vous et moi au même endroit et au même moment, tout en étant effectivement séparés par un certain nombre de kilomètres. 

Nous serions proches l'un de l'autre car je pourrais vous lire mon texte et nous pourrions en discuter ensemble.

Mon avatar n'est pas moi.
Mais mon avatar n'est pas un autre. 


En me demandant si mon avatar numérique pourrait être le chainon manquant entre mon corps biologique, et, le fictionaute que j'aspire à devenir pleinement, je m'interroge pour évaluer, tant les capacités du cybersespace à accueillir les fictions qui lui sont antérieures, que mes propres capacités de lecteur à donner forme et vie à mon propre liseur.
Mon liseur est la part de moi que je projette dans une fiction quand mon moi est un moi-lecteur. 

Quand il est en train de lire une fiction. 
Quand je lis. 
Quand je lis un texte de fiction littéraire.
Pourrais-je alors avatariser mon liseur pour le projeter dans une forme de cyberespace qui serait celui de la fiction que je serais en train de lire ? 
C'est cela, cette projection du liseur dans l'espace imaginaire de la fiction que j'appelle : "le fictionaute".

Sur cette double photo, au moment des clichés, je suis à la fois chez moi à Paris 
où je regarde en direct sur un service de vidéos en ligne une conférence de Yann Minh 
le 07 juin 2017 à Nantes, et, sur une plate-forme Opensim sur laquelle j'assiste avec 
un autre public (photo du bas) à la retransmission de la même conférence, tandis que 
dans la salle à Nantes (photo du haut) la conférence dans le cyberespace est projetée 
sur un mur. Cela n'a vraiment rien d'exceptionnel ! Depuis des années je vis de telles
expériences. Ce qui est étrange c'est que ces nouveaux territoires ne soient pas exploités, 
tant pour explorer de nouvelles formes de médiation du livre et de la lecture, que pour y
expérimenter de nouvelles formes de narration.

Alors, l'avatar numérique pourrait-il être le chainon manquant entre l'hominidé et le fictionaute ?
J'entends simplement par hominidé, l'animal biologique que je suis, comme vous, en supposant qu'aucune autre forme d'intelligence n'ait accès à ce texte, à sa lecture. Ce qui est déjà peu probable en vérité.
J'entends par fictionaute, ce que je pourrais consciemment projeter de moi dans les fictions, sur le modèle d'ancêtres qui expédièrent certains des leurs vers les iles aux épices du Pacifique, ou plus tard, dans l'espace interstellaire.
 
La question reste donc : l'internaute est-il un fictionaute en puissance ?
Pour l'instant, je ne pense pas vraiment que l'avatar numérique puisse être le chainon manquant entre l'hominidé et le fictionaute. Je doute encore. Mais je me trompe peut-être.
Ce texte est un message lancé dans le cyberespace pour qu'il soit entendu par d'éventuels fictionautes à l'écoute et qui pourraient me contredire. Je n'attends que cela.